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Le Jardinage Urbain avec Roquette Man – Podcast Homelisty #1

Roquette Man est un jardinier urbain. Depuis 2 ans, il fait pousser des fruits et des légumes en plein centre ville, sur sa terrasse du 93.

Dans ce podcast, on l’interroge pour comprendre comment lancer un potager le plus facilement possible, avec un mini balcon, et même sans espace extérieur.

Suivez Roquette Man sur Instagram pour voir ce qu’il est possible de faire pousser en plein centre ville, et écoutez le podcast sur Youtube.

Notes du Podcast & produits mentionnés

Roquette Man est jardinier urbain. Il cultive et fait pousser des fruits et des légumes sur sa terrasse depuis 2 ans maintenant.

Dans ce podcast, on l’interroge pour comprendre comment lancer un potager facilement. Il partage ses meilleurs conseils, ses astuces et ses recommandations.

De quoi a-t-on vraiment besoin, quels sont les légumes les plus simples à faire pousser pour le débutant, comment lancer un potager sur un mini balcon, ou même quand on n’a pas de balcon !

Les produits recommandés

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Les recommandations de graines et semences

Les comptes Instagram à suivre

Les livres recommandés par Roquette Man

Retranscription du podcast

Ronan : Salut Thibaut !

Thibaut : Salut Ronan !

Ronan : Ici sur Homelisty, on te connaît aussi sous le nom de Roquette Man (@roquette_man). C’est le nom de ta page Instagram. Tu as déjà participé à quelques articles sur le site notamment sur le thème du jardinage urbain. Peux-tu te présenter rapidement ?

Thibaut : Oui, carrément. Déjà, merci Ronan de me recevoir sur ta première plateforme de podcast. Je suis ravi et flatté. Je suis effectivement Roquette Man sur Instagram. C’est mon pseudo de jardinier urbain débutant. J’ai la chance d’avoir une terrasse sur laquelle je fais pousser des choses avec un accès sur une toiture-terrasse où, là également, je fais pousser pas mal de fruits et légumes en plein centre-ville à Bagnolet, près de Paris.

Ronan : Ok. Super. Tu as tout expliqué. C’est la raison pour laquelle je voulais t’avoir sur ce podcast. Depuis le début du confinement en fait, les manières de vivre se réinventent. Les gens essaient de trouver des solutions, des idées, des conseils pour mieux vivre cette période. Et toi, tu me faisais part notamment d’un article qui mentionnait que les ventes de graines (les graines pour cultiver son propre potager) explosent. 

On voit sur Homelisty tous les articles pour profiter de l’extérieur, des balcons notamment ; le trafic, pareil, il explose. Et je discutais avec des gens qui gèrent des sites e-commerce dans le domaine du bricolage et de l’ameublement extérieur, et c’est pareil. Ils n’ont jamais fait autant de ventes que maintenant. Et je pense qu’il y a une grosse demande sur tout ce qui est : comment se lancer, comment profiter au maximum de son espace extérieur, que ce soit un jardin, un balcon ou même une petite fenêtre bien exposée pour faire pousser des choses. 

C’est donc la raison pour laquelle je voulais t’avoir sur ce podcast, essayer de capter tes astuces, tes conseils et de comprendre ensemble – pour le débutant total qui a peu de place ou pas de place du tout en extérieur – ce qui est possible de faire pousser et comment se lancer.

Déjà, est-ce que tu peux nous présenter ton potager ? Parce que tu as beau être un jardinier urbain, tu es un peu « privilégié », il faut être honnête. Tu peux nous expliquer pourquoi je dis ça ?

Thibaut : Oui, exactement. C’est vrai que j’estime que je suis très chanceux d’avoir cette surface. En fait, j’ai une première terrasse qui fait 15 m2 plutôt dédiée à l’ornemental. J’ai des plantes clématites qui poussent contre un mur, un jasmin étoilé, un petit bac d’aromatiques avec de la menthe, de la ciboulette, et des choses comme ça. De cette terrasse, ensuite, j’ai un escalier qui amène directement sur une toiture-terrasse un peu plus grande, qui fait 25 m2

Et là, vraiment, l’exposition est incroyable donc je peux me permettre de faire pousser pratiquement tout. Donc j’ai un cerisier, un figuier, un petit sapin très joli et quelques plants de fruitiers nains comme des myrtilliers, un murier, un framboisier. Et puis j’ai fait installer deux carrés potagers dans lesquels je viens faire pousser des tomates, de la salade, des radis, des fèves, des choses comme ça. J’utilise aussi pas mal de sacs en géotextiles pour faire pousser des choses. 

Donc, oui, c’est sûr que par rapport à la surface que j’ai, j’estime vraiment que je suis très chanceux. Justement, ça aurait été presque péché de ne pas utiliser cet espace pour faire pousser sa propre nourriture. Même si je ne suis pas du tout autosuffisant, je le précise, je commence tout juste là-dedans depuis 2 ans. Donc je fais des expérimentations au jour le jour.

Ronan : Tu commences, mais pour être tout à fait transparent, je suis toujours halluciné de voir tout ce que tu arrives à faire pousser sur cette terrasse moi qui ai un jardin. On ne va pas trop s’attarder sur nos espaces, parce qu’on va perdre la moitié des deux personnes qui nous écoutent, mais…

Thibaut : ça marche (rires)

Ronan : C’est juste pour dire que, oui, c’est possible de faire pousser des choses. Et oui, forcément, on est privilégié parce qu’on a des jardins et on a une grande terrasse. Tu as aussi une compagne qui fait preuve, je pense, d’une grande flexibilité qui te donne de l’espace, de sa chaise longue pour installer tes bacs potagers. Ce n’est peut-être pas le cas de tous les couples…

Thibaut : Ce n’est pas faux.

Ronan : En tout cas, l’idée de ce podcast, c’est de regrouper toutes les idées pour les personnes qui n’ont vraiment pas de place. Et tu es bien placé pour donner des conseils, parce que même si tu as une grande terrasse, même si c’est super bien optimisé aujourd’hui pour le potager urbain, tu as démarré avec un seul bac et tu y fais pousser des choses, etc. 

Sans plus tarder, on va vraiment rentrer dans les détails, dans les conseils pratico-pratiques. On va commencer peut-être par les gens qui ont un petit balcon, mais vraiment un tout petit balcon. Quels sont tes conseils pour la personne qui a un petit balcon et qui se dit : « Ok, le confinement va encore durer. J’aimerais bien faire pousser des trucs ». Vas-y, go.

Thibaut : Déjà, tu as raison. Cette période de confinement est vraiment spéciale à bien des égards. Là, c’est sûr que je n’ai jamais vu autant de monde se mettre au jardinage ou alors passer autant de temps dans leur potager. En plus, on a un temps assez clément en ce moment au mois d’avril, sur la région parisienne. Les gens sont sur leur balcon. Là, tous mes voisins avec qui je discute, ça y est, ils commencent à faire pousser des petits trucs sur leur balcon. Les gens s’éclatent. Par rapport à ça, ils mettent ce temps à profit pour passer énormément de temps sur leur terrasse, du coup dans leur potager.

Effectivement, dans le cas de figure où on a un petit balcon ou, je ne sais pas, même un tout petit bout de balcon sur lequel on peut à peine entreposer une chaise et une table, je pense que, si l’envie vous prend vraiment de commencer à faire pousser des choses, il faut juste se lancer.

Il y a plein de solutions qui existent. Sur Instagram, je suis des gens qui font pousser des choses sur leur balcon. Il y a des milliards d’idées, de très bonnes astuces à prendre. La première chose à laquelle je pense, c’est d’utiliser la verticalité. Parce que si on a un balcon, ça veut dire qu’on est entouré de murs. Et sur ces murs, on peut installer par exemple des treillis ou des petits câbles pour faire pousser des haricots par exemple. 

On peut jouer sur l’empilement de petites caisses ou de cagettes en bois pour venir mettre du terreau et faire pousser des petits légumes ou des petits fruits à l’intérieur. On peut également se dire que – vu que cette petite surface doit être allouée au potager, mais aussi à notre, je ne sais pas, mode de vie ; par exemple, prendre un apéritif ou prendre le petit déjeuner sur le balcon, et on ne veut pas non plus sacrifier toute la place pour un potager – on peut imaginer par exemple installer des roulettes sur des petits bacs en bois pour avoir plus de facilité à les déplacer. Ça permettra aussi de nous avantager par rapport à l’exposition. Si on se rend compte qu’au départ, on a placé un bac avec des radis au mauvais endroit du balcon, et c’est pour ça qu’en fait les choses poussent doucement, on peut ensuite venir déplacer très facilement les bacs. Il faut savoir qu’une fois que la terre est mouillée, le bas pèse encore plus lourd. Cette petite astuce-là peut être pas mal pour la facilité de déplacement des bacs.

Ronan : Ok. Juste pour récapituler. Pour l’instant, on a abordé la verticalité et la mobilité.

Thibaut : Oui.

Ronan : Et également le fait de trouver les bons contenants.

Je t’interromps là-dessus, parce qu’en fait, c’est exactement les mêmes astuces qu’on retrouve dans les petits espaces à l’intérieur. On conseille toujours sur Homelisty : tu as une petite cuisine ? Bah, mise sur les murs. Tes murs sont peut-être sous-exploités. Donc, va chercher de la verticalité là-dessus. Utilise des dessertes à roulettes pour déplacer facilement, pour ne pas que ce soit un meuble qui reste tout le temps au même endroit et qui te gêne à chaque fois. C’est exactement la même chose pour un potager.

Thibaut : Oui, c’est exactement ça. C’est marrant que tu parles de roulettes, parce que moi par exemple, j’utilise une roulette Ikea qui sert à… Je ne sais pas d’ailleurs à quoi il sert. C’est plutôt… Oui, c’est une desserte blanche qui sert, j’imagine, en cuisine à entreposer des choses. Moi, je l’utilise pour stocker tous mes jeunes plants de tomate. En fait, je les laisse dans l’appartement la nuit puis quand il fait beau et chaud à l’extérieur, je le sors. Et ça me permet justement de ne pas me casser le dos parce qu’au final, quand tu as 15 pots de tomates avec du terreau dedans et qu’il faut les déplacer, c’est toujours plus facile quand on a des roulettes.

Mais il n’y a pas que ça. J’avais lu dans un livre – on pourra donner les références j’imagine, en lien avec le podcast – qu’on peut aussi directement planter dans les sacs de terreau. C’est ce que j’ai fait l’an dernier. J’ai acheté un sac de terreau de 50l. J’ai fait deux trous avec un cutter à l’intérieur, et je suis venu planter deux plants de tomate. C’est possible aussi. Après, l’inconvénient, c’est…

Ronan : Ce n’est pas le plus esthétique, mais…

Thibaut : Ce n’est pas le plus esthétique, ce n’est pas très facile à déplacer, mais ça fonctionne.

Ronan : Oui. J’ai vu ça plusieurs fois sur Pinterest, sur Instagram. C’est vraiment le potager du paresseux urbain.

Thibaut : Oui. Mais il faut se faciliter la vie quand on fait du jardinage, parce que sinon on y passe des heures. L’intérêt, c’est aussi d’installer des bases, on va dire, saines et qu’ensuite la nature fasse le reste.

Ronan : Oui, c’est sûr. J’aimerais m’attarder sur deux choses : on va démarrer par la terre, ce que tu appelles le terreau. Typiquement, je démarre mon potager sur un balcon. Je vais sur, je ne sais pas, GammVert ou Leroy Merlin, là où il faut acheter du terreau. On pourra mettre des liens d’ailleurs de recommandation. Je tombe sur des dizaines de terreaux différents, des engrais, du compost, etc. Franchement, rien que là, je m’y perds. Ton conseil, c’est quoi ?

Thibaut : Tu as raison. Il y a un choix hallucinant quand il s’agit de choisir du terreau. Moi, très honnêtement, je suis les conseils d’un ami paysagiste qui, une fois, m’a dit : « Avec le terreau, ne te prends pas la tête. Tu prends un terreau de premier prix chez Leroy Merlin. Ensuite, ce qui est important, c’est l’amendement du sol, c’est-à-dire les engrais que tu vas rajouter pour les rendre plus riches ». 

Il faut savoir que la plupart des terreaux que tu trouves dans le commerce ont une réserve de nutriments pour environ un mois. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’au bout d’un mois, le terreau que tu as utilisé, tu vas vouloir l’amender, c’est-à-dire rajouter toi-même un petit peu d’engrais, de préférence bio évidemment pour redonner de la vitalité à ton sol et que tes cultures en profitent et qu’elles s’épanouissent dans de bonnes conditions. 

Évidemment, on ne va pas non plus se mentir, il y a du terreau plus cher qui existe. Ce sont des terreaux, la plupart du temps, bios avec un maximum d’engrais à l’intérieur, peut-être déjà mélangés avec de la perlite ou de la vermiculite, celles qui servent à aérer en fait le substrat. Donc tout dépend de ce qu’on cherche après. Et quand on cherche à démarrer un potager sur un balcon, et qu’on n’y connait rien et qu’on a juste envie de se lancer, il ne faut non plus trop se prendre la tête. On peut très bien prendre un terreau premier prix, lancer ses premières cultures. Et si on voit qu’on aime ça et que ça nous encourage, à ce moment-là, peut-être investir dans un petit engrais bio pour déposer à la surface, biner un petit peu pour le remuer à la terre et puis continuer comme ça. 

Mais je crois que quand on veut se lancer, l’important c’est juste de se lancer. J’en parlais justement avec un ami jardinier sur Instagram, il se trouve que jusqu’à l’an dernier, je ne fertilisais pas du tout mes plantations, et ça a très bien poussé quand même. Je n’ai compris l’importance de l’engrais qu’assez tardivement. Et c’est vrai que c’est depuis cette année que je m’intéresse vraiment à la vie du sol et comment l’optimiser, le rendre plus riche pour avoir toujours de plus belles récoltes.

Ronan : Super. Là, c’est une astuce aussi, je pense, qui ressort de cette conversation. C’est de se dire commencer petit. Il y a tellement d’infos qu’il ne faut pas chercher, je pense, à vouloir tout maîtriser dès le début. On commence petit.

Le jardinage, est-ce que tu dirais que c’est des tests, des essais ?

Thibaut : Bien sûr. De toute façon, c’est exactement ça Ronan. S’il y a un domaine dans lequel il faut commencer comme ça et observer et apprendre de ses erreurs, c’est bien le jardinage. Mais ce que je tiens aussi à dire, c’est qu’on n’a pas idée à quel point la nature est résiliente et à quel point elle pardonne. En fait, des fois, il y a des choses qui poussent alors que tu pensais que ça ne donnerait rien ou tu perdais patience, tu perdais espoir parce que tu ne voyais pas tes radis sortir. Et un beau jour, une petite pluie au mois d’avril suivi d’une grosse chaleur le lendemain et ça y est, tout sort de terre. Limite, tu pourrais voir les choses à vue d’œil grossir. La nature est, de ce point de vue là, assez hallucinante.

Puis ce qui est magique aussi, ce sont les surprises que tu peux avoir. Moi, par exemple, d’année en année, je vois qu’il y a des choses que j’ai semées l’année d’avant qui se ressèment automatiquement et qui, avec le vent ou peut-être avec des oiseaux qui viennent chiper des graines par-ci par-là, se retrouvent à l’autre bout de ma terrasse, à pousser dans d’autres container. J’ai même l’exemple d’une petite salade que j’affectionne particulièrement qui s’appelle la Claytone de Cuba que j’avais semée il y a deux ans et que je retrouve à pousser entre le béton de ma résidence, trois étages plus bas.

Ronan : C’est marrant. Ça le fait également dans le jardin et, parfois, ce ne sont pas forcément les légumes que tu préfères, mais vu que ça s’est replanté automatiquement, on ne va pas se plaindre.

Thibaut : Oui, ce sont des surprises.

Ronan : Ok, super. Et en matière de terre toujours, même pour les semis, tu recommandes du terreau premier prix ?

Thibaut : Tu fais bien d’insister là-dessus. Tu as raison. Quand on commence à faire un peu de jardinage, je pense que la plupart des gens – c’était mon cas aussi, c’est le cas de beaucoup de gens que je connais – vont aller acheter des plants en jardinerie, des petits plants. La première fois que j’ai voulu cultiver des tomates, je suis allée chez Truffaut, j’ai pris un petit plant de tomate-cerise, je l’ai ramené chez moi et je l’ai transplanté. Ça s’est très bien passé. Mais je crois qu’après, très vite, on ressent le besoin de faire ses propres semis. Parce qu’il faut savoir qu’il y a un catalogue de graines de semences absolument incroyables, tu n’en retrouves même pas le dixième sur les étals de tes primeurs au marché. Donc il faut vraiment avoir, je pense, cette curiosité. Et plus tu vas jardiner, plus tu vas être curieux de faire pousser de nouvelles variétés.

J’en arrive à la partie qui nous intéresse sur le terreau spécial semis. Effectivement, tu as raison, quand tu commences tes semis, inutile de les démarrer dans du terreau qui a déjà des nutriments à l’intérieur. Pourquoi ? Parce qu’on risque finalement de brûler les jeunes plantules, les brûler à cause d’un excès de vitamines. Il faut considérer que la plante, quand elle démarre, elle a tout ce qu’il faut en termes de vitamines dans la graine. Elle a des petites réserves comme ça pour trois semaines à un mois. C’est pour ça que quand tu démarres tes semis, il faut plutôt t’intéresser à un terreau spécial semis qui est beaucoup plus léger et qui ne contient pas tous les nutriments que les autres terreaux comportent.

Sur le terreau à semis, je n’irai pas forcément sur les premiers prix. Je ferais un peu plus attention, parce que le démarrage de tes jeunes plants, c’est ce qui va leur permettre ensuite d’être en bonne santé et de correctement se développer. Si tu démarres avec des plants qui sont un peu fragiles, les récoltes derrière s’en trouveront amoindries.

Ronan : Super. Pareil, on mettra quelques références si tu as des recommandations dans les notes de ce podcast, si tu as des marques à privilégier ou même une idée des prix pour que les personnes qui écoutent puissent se dire : « Tiens, ok, je vais faire pousser mes tomates. Combien ça risque de me coûter tout ça ».

Thibaut : Oui, je peux déjà te répondre. Un sac de terreau de 50l chez Leroy Merlin, ce n’est pas le premier prix tout à fait, parce que je crois que le premier prix est à 2,50€. Mais un sac de terreau, on va dire, un tout petit plus haut de gamme, mais à peine est à 4,50€ les 50l. C’est vrai que le terreau après, on a toujours tendance à viser un peu trop juste. En tout cas, c’est un peu mon défaut. C’est vrai qu’il vaut mieux en avoir un peu plus que pas assez, parce que si on se rend compte qu’il nous manque 20 – 30l de terreau pour correctement remplir un pot, ça peut être un peu embêtant.

Ronan : Bien sûr. Et justement, en parlant de terreau, un truc tout bête, mais je me dis : la personne qui a juste un balcon va commander son sac de 50l chez Leroy Merlin. Concrètement, la terre il va en mettre partout. Toi, tu as une terrasse, tu as même un petit abri de jardin sur ta terrasse. Il faut dire les choses quand même. Donc forcément, tu as des sacs plus petits, mais tu as un conseil pour manipuler la terre, parce que rempoter des plants…

Thibaut : Oui, tu veux parler de quand tu remplis tes pots sur ton balcon. 

Ronan : Oui. Parce que si tu as un tout petit balcon, genre 2 – 3m2 que tu manipules et que tu as déjà peut-être une chaise ou je n’en sais rien, mais tu vas peut-être le faire à l’intérieur. Est-ce que tu as une astuce là-dessus pour ne pas en mettre partout ?

Thibaut : Oui, c’est vrai. Oui, il y a plusieurs astuces.

La première, si on veut vraiment économiser, c’est est-ce que chez soi, on n’a pas par exemple un grand sac plastique de 1,50m sur 1,50m ou alors un polyane ou une bâche dont on se servirait justement pour protéger peut-être la table de jardin ou la table qui est sur ton balcon l’hiver ou alors plusieurs sacs végétaux. Je suis en train de me dire plusieurs sacs de végétaux posés un petit peu comme ça en quinconce par terre. 

On peut même faire ça dans son salon. S’il y a un petit peu de terre sur le parquet, ce n’est pas très grave, on passe l’aspirateur, mais si tu arrives à recouvrir une surface suffisamment large pour travailler confortablement, tu peux très bien t’installer dans ton salon si tu le protèges bien. Ou alors les gros cabas de Carrefour quand ils te livrent tes courses, ce genre de choses. Tu peux très bien faire ça soit chez toi, soit sur ton balcon si tu te fais un petit peu de place, mais en travaillant proprement, tu ne devrais pas non plus en mettre partout.

Ronan : Je dis ça, parce que quand je le fais, moi, sur ma table de jardinage, j’en mets un peu partout et je me dis : « Heureusement que je ne suis pas à l’intérieur ».

Thibaut : Justement, c’est parce que tu sais que tu es à l’extérieur et tu t’en fiches un peu. C’est dans ton jardin.

Ronan : Super. Là, on a bien exploré au niveau de la terre et du terreau. Maintenant, il faut également – si tu ne passes pas par ton astuce de faire directement dans le sac – des contenants. Tu as plein de super astuces là-dessus.

Thibaut : Alors, les contenants, oui, tu peux soit acheter des choses dans le commerce. Je sais qu’il y a des sacs en géotextile. J’utilise beaucoup de sacs en géotextile que je trouve top, parce que ce sont des sacs qui laissent respirer le terreau. Quand les racines viennent au contact de ces sacs, elles n’interrompent pas leur cycle de vie brutalement. Un des aspects les plus importants, c’est l’aération. Quand tu cultives sur ton balcon, par exemple, le problème que tu peux avoir avec des pots en terre cuite, c’est qu’ils chauffent très vite. L’été, s’il y a des grosses chaleurs, du coup, les racines à l’intérieur ont un coup de chaud également. Et, à contrario, l’hiver quand il gèle, ça peut faire péter les pots en terre cuite. Donc moi, je ne jure que par les sacs en géotextile.

J’ai une ou deux jardinières en bois de manière classique dans laquelle je viens planter des choses aussi, mais sinon si on n’a pas envie de mettre de budget dans les contenants comme ça, franchement, il faut laisser libre cours à sa créativité. Tu peux très bien utiliser des cagettes en bois, comme je te le disais ou alors si tu bois un peu de pinard, tu peux même utiliser des caisses en bois qui servent à transporter le vin. Tu peux utiliser les bacs en polystyrène qu’utilisent les poissonniers. Donc tous ces contenants, il faut au préalable effectuer quelques trous dans le fond pour que l’eau puisse correctement s’écouler quand tu vas arroser sinon tes racines mourront par asphyxie.

Ronan : Juste sur les sacs géotextiles. J’ai écouté ton conseil, j’en ai acheté sur Amazon. Je pensais avoir fait un bon choix au niveau rapport qualité/prix, mais j’ai essayé de déplacer un sac où j’avais planté du romarin, et la sangle a pété. Je crois que tu as une recommandation ?

Thibaut : Oui. Moi, c’est vrai que je les déplace peu mes sacs. En plus de ça, déplacer un sac comme ça peut vite faire lourd. Tu peux vraiment te faire mal au dos. S’il y a déjà des choses plantées dedans, ça va. Mais si tu es au stade de semis et que tu prends ton sac par les deux anses et que tu déplaces, tu vas briser le dessous de ton terreau, et toutes les graines risquent de tomber tout au fond de ton sac en géotextile et tu n’auras aucune chance de les voir germer ensuite. Donc j’essaie de les déplacer un minimum.

Après, je ne sais pas s’il faut citer des marques ou pas, mais…

Ronan : Oui, justement, j’aimerais bien que ce podcast soit vraiment les recommandations, encore une fois, pratico-pratiques. Si on dit aux gens : « Oui, les sacs géotextiles », mais derrière on ne donne pas de référence…

Thibaut : Ok, pas de problème. Il y a vraiment des supers acteurs sur le marché. Je pense notamment à Root Pouch. Je crois que c’est une entreprise, si je ne dis pas de bêtise, australienne. Je ne suis pas sûr. On mettra le lien éventuellement à la fin du podcast. Tu as aussi Bacsac ou alors Smart Pot.

Ronan : Bacsac, c’est super. Ils ont une communication aussi assez originale sur leurs réseaux sociaux. J’ai un truc Bacsac, mais c’est assez coûteux quand même.

Thibaut : Oui. Par contre, Bacsac, c’est assez cher.

Ronan : Bien sûr, mais c’est de la bonne qualité.

Thibaut : Oui, c’est vrai. Mais moi j’aime bien Root Pouch. Je n’en ai jamais acheté, en fait, j’ai l’habitude de commander des choses sur un site super qui s’appelle Terralba. C’est une entreprise basée dans le sud de la France et qui s’intéresse de très près à la vie microbienne du sol. Pour ça, ils sont éminemment pointus, très calés sur le sujet. J’ai déjà acheté du terreau chez eux. Et en guise de petit goodie, de petit cadeau, ils m’ont envoyé des sacs de 11l de chez Root Pouch. 

Et l’originalité de Root Pouch, c’est que c’est fait à partir de bouteilles de plastique recyclées. Déjà, je trouve que l’initiative est cool. En termes de prix, je ne connais pas puisqu’on m’a offert ces pots-là, mais ils ont l’air quand même plus solides que les sacs en géotextile que toi et moi, on connaît, qu’on a l’habitude de prendre chez Amazon. Ce n’est pas le même prix non plus, mais ça a l’air d’être de la meilleure qualité.

Ronan : Ok, très bien. Donc, ça c’est pour les contenants pour les plantes. Pour les personnes qui veulent s’aventurer et démarrer des semis, là c’est encore plus « à l’arrache », parce qu’on peut vraiment tout utiliser. Peux-tu nous donner quelques conseils ?

Thibaut : Bien sûr. Tu es pas mal calé sur le sujet aussi.

Ronan : Oui, récup à fond.

Thibaut : Oui, récup. En fait, soit effectivement tu achètes des choses dans le commerce, c’est-à-dire des petits godets en plastique, en carton ou en tourbe biodégradable, soit tu achètes carrément un presse-motte. C’est assez génial. Je me demande si l’année prochaine, je ne vais pas investir dedans. 

C’est un espèce de pressoir où tu mélanges ton terreau avec un peu d’eau et puis tu presses tes mottes. Tu te fabriques tes propres mottes. Dans tes petites mottes, ensuite, tu viens déposer tes graines. Et ça c’est génial parce qu’il n’y a aucun choc de transplantation derrière quand tu transplantes ton jeune plantule dans son pot ou dans la terre de manière définitive puisque les racines n’ont pas d’obstacle sur lequel buter lors de la transplantation, ça c’est top.

Ronan : On a parlé plusieurs fois de transplanter. On va peut-être donner un peu plus de détails.

Thibaut : Absolument. Transplanter, c’est l’étape de planter de manière définitive dans son espace définitif un jeune plant qu’on a au préalable fait germer dans un autre petit espace. Imagine que tu sèmes quelque chose dans un godet, ton jeune plant de tomate sort, il a quelques feuilles, quelques racines qui commencent à dépasser du godet. Tu vas vouloir soit le transplanter dans un contenant un tout petit peu plus gros pour qu’il fasse sa croissance avant de le mettre dehors, soit le planter directement dehors dans ton jardin ou sur ton balcon ou dans un bac de manière définitive.

Ronan : Et le truc des godets aussi – qu’on peut acheter encore une fois chez Leroy Merlin ou chez Truffaut, etc. — qui sont tous positionnés, bien alignés sur une espèce de plateau, c’est super tentant, mais le problème, c’est que quand on démarre plein de semis à la fois, ensuite, il va falloir transplanter, mais parfois on ne peut pas le transplanter directement dans son contenant final. Et donc, ça fait à chaque fois des transplantations successives et c’est un peu la galère. 

Et l’astuce que tu m’avais donné, c’est par exemple pour les plants de tomates qui peuvent grossir assez vite finalement, tu m’avais dit : « Démarre directement dans une bouteille que tu coupes en deux, une bouteille plastique. Ensuite, tu viens rajouter du terreau là-dedans. » Et moi, c’est vrai que j’ai tendance à démarrer dans des petits contenants et ensuite, je me retrouve à me dire : « Ah, mais là, je dois replanter dans un autre plus grand contenant avant de le mettre dans le jardin », etc. Je pense que quand on débute, il faut vraiment se focaliser sur des contenants, à la limite, DIY recup pour ne pas dépenser trop d’argent, et en plus qui vont pouvoir accueillir la plante jusqu’au stade de la transplantation « finale ». 

Thibaut : Oui, tu peux faire ça. Après, c’est toute une question de place et de ce que tu as sous la main. Je crois qu’on n’a pas tout à fait fini tout à l’heure d’énumérer les différents contenants qui pourraient te servir de godet au départ. Si tu veux bien, je vais juste terminer rapidement.

Tu peux même utiliser des gobelets en plastique, par exemple. Si tu as des vieux gobelets en plastique que tu n’utilises plus, parce que ça te dérange de continuer à utiliser du plastique pour tes pique-niques, tu peux très bien te servir de ça. Tu perces deux ou trois petits trous au fond, quelques billes d’argile pour le drainage et puis tu commences à remplir avec ton terreau de semis et tu fais tes semis là-dedans.

Tu peux aussi utiliser des rouleaux de papier toilette. Il y a une petite astuce pour découper le fond et faire une espèce de mini-pliage en étoile pour que le fond de ton rouleau de papier toilette puisse rester fermé pour ne pas que la terre s’échappe. On peut facilement trouver ça sur internet. Tu peux utiliser, je ne sais pas, des…

Ronan : Des boîtes d’œufs ?

Thibaut : Oui, exactement, des boîtes d’œufs vides. Tu mets ton terreau directement dedans, c’est parfait.

Ronan : Il suffit d’ouvrir ses placards et de regarder ce qu’on a. Juste avant le podcast, je regardai, j’ai un carton de lait. Je me dis : découpé en deux, ça fait un bon contenant pour démarrer des semis. Une boîte de chewing gum, je me dis que je vais pouvoir caler des graines dedans, parce que j’ai des graines de piments.

Thibaut : Oui, pas bête.

Ronan : Tout est prétexte à recycler.

Thibaut : Exactement. C’est ce qui est génial. Tu parlais tout à l’heure de la technique de semer des graines de tomates en bouteilles. Je trouve ça top, parce que si tu bois de l’eau gazeuse ou de l’eau minérale en bouteille, j’ai un petit qui a 15 mois, du coup j’utilise de la Volvic ou de l’Evian, je récupère la bouteille, je la coupe en deux, je mets ma graine. Puis, au fur et à mesure que le plant grandit, je rajoute du terreau. Comme ça les racines se fortifient. La tige fait de nouvelles racines et ça contribue à fortifier le plant. Tu vois, je continue comme ça jusqu’à ce que j’arrive à la limite de la hauteur de la bouteille. Et, en général d’ici-là, tu arrives à mi-mai, et à mi-mai tu peux commencer à planter dehors.

Ronan : Ok. En parlant de planter, on a mentionné donc les contenants et la terre. Maintenant, passons à la chose la plus importante, c’est-à-dire les semences ou les plants. Qu’est-ce que tu recommandes pour la personne qui n’a jamais rien cultivé, qui ne sait vraiment pas par quoi commencer, qui se dit : « Je n’ai pas la main verte ». Tes recommandations ?

Thibaut : Ne pas avoir la main verte, pour moi, ça n’existe pas. C’est-à-dire que tant qu’on n’a pas essayé… Comme je te le disais tout à l’heure, la nature est très permissive. Elle te permet de faire plein d’erreurs donc la main verte, tu vas la « cultiver » aussi. Il ne faut pas s’arrêter à un échec, c’est-à-dire qu’il faut démarrer et en général, si tu assures un bon environnement à ton jeune plant, il n’y a aucun problème derrière ; il te récompense par de bonnes récoltes. 

Mais pour répondre à ta question, je pense que très honnêtement, ce sont les radis. J’ai commencé il y a deux ans les premiers radis, j’étais tout fier de les semer avec mon fils. C’est la première chose qu’on a semé, les radis, parce que c’est un cycle de croissance assez rapide. C’est pour ça d’ailleurs qu’on les appelle souvent les radis de 18 jours ou de 21 jours. Ils sortent de terre en une vingtaine de jours. Ça nous permet de les consommer rapidement et surtout de ne pas se décourager, c’est-à-dire qu’on va très vite voir les jeunes feuilles apparaître puis d’autres feuilles, puis – si tu regardes bien – à la limite avec la terre, tu vas voir la racine rouge qui commence à se former et que tu consommeras après. 

Donc pour commencer, les radis sont un très bon choix. D’autant plus que les radis, il y en a une variété dingue, mais vraiment hallucinante. Donc il faut essayer de sortir un petit peu des radis de tous les jours, les radis à forcer qu’on appelle les radis de 18 jours. Il y a plein d’autres radis notamment les radis ronds, par exemple. Ils sont délicieux. Les Cherry Belle, ce sont des radis ronds qui sont très bons. Des radis multicolores, des radis qui ressemblent plus à des navets ou à des panais qui sont plus longs que larges. Il y a une variété hallucinante.

Ensuite, je pense que dans les variétés des légumes feuilles, on a aussi beaucoup de choses. Par « légumes feuilles », j’entends : épinard, mesclun, laitue, salade, roquette. Tout ça pousse aussi très vite finalement. Je pense que, toujours dans l’idée de ne pas se décourager et d’essayer, ça peut être très gratifiant aussi.

Ronan : Super. Pareil, on mettra des recommandations dans les notes de ce podcast.

Ça fait une demi-heure qu’on parle jardinage. On va peut-être essayer de garder ça encore 10 min sous le format d’un podcast 40 min pour vraiment aborder les choses essentielles. On pourrait – et on le fait déjà hors podcast – en discuter des heures et des heures, mais encore une fois c’est vraiment le podcast pour démarrer son potager précisément pendant cette période de confinement.

J’aime beaucoup aussi ta page Instagram, je sais que tu utilises beaucoup ce réseau social pour échanger avec d’autres confrères qui se lancent également dans le jardinage. Pourquoi Instagram ? Comment tu l’utilises, et est-ce que tu le recommandes et comment ?

Thibaut : Instagram, je l’utilisais à l’origine comme un portfolio pour mon activité principale. Je suis dans la postproduction vidéo. Et je me suis dit : « Mais pourquoi ne pas me créer un deuxième compte sous le nom de Roquette man – je trouvais le pseudonyme marrant – pour faire part de mes récoltes ou de mes essais sur ma terrasse ». Et je me suis aperçu que c’est une niche – ce n’est pas tant que ça une niche parce qu’il y a effectivement une communauté hallucinante, un nombre incroyable de gens qui font pousser des choses sur même de tout petits espaces. Et donc c’est une espèce de réseau d’entraide géant où si je m’amuse à faire pousser telle variété, que je trouve quelqu’un d’autre qui a essayé aussi, qui a bien réussi, on peut échanger là-dessus, se donner des conseils…

Ronan : C’est vraiment une communauté. La communauté jardinage sur Instagram est vraiment bienveillante. C’est ce qui est assez extraordinaire. On a l’impression qu’Instagram, ce sont les influenceurs qui vont montrer les belles choses, etc., les voyages – enfin, pas trop en ce moment malheureusement. Mais sur Instagram, la communauté du jardinage est vachement basée sur l’échange, l’éducation, l’ouverture. Et je trouve que c’est encourageant, super motivant et en même temps, c’est une source d’éducation infinie.

Thibaut : Exactement. Et puis, ça te permet de voir ce que font les gens à l’autre bout du monde. Tu t’aperçois que les gens à l’autre bout du monde font pousser les mêmes choses que toi. Ou alors, au contraire, ils font pousser d’autres variétés. Du coup, ça te rend curieux de ces nouvelles variétés, puis, tu leur demander des conseils, etc. Oui, c’est vraiment une source d’information incroyable.

Ronan : On mettra des comptes que tu recommandes. Même si c’est en anglais, il y a des comptes qui sont vraiment top, bien animés…

Pour aller plus loin, on va aller peut-être du côté des gens qui n’ont même pas de balcon, même pas de micro-balcon, rien. Mais ils veulent quand même avoir un peu cette sensation de faire pousser quelque chose. Qu’est-ce que tu recommandes ? Est-ce possible d’avoir un jardin confiné chez soi dans un appartement sans balcon ?

Thibaut : Oui, c’est possible, mais il faut quand même être assez réaliste sur ce qu’on entend par possible ou pas. Évidemment, on ne va pas se retrouver avec les mêmes récoltes qu’un potager sur un balcon ou une terrasse ou en pleine terre. Mais il suffit d’avoir un petit rebord de fenêtre intérieur ou extérieur qui soit suffisant bien exposé, et là on peut très bien imaginer installer un petit plant de tomate-cerise. Les plants de tomate-cerise poussent extrêmement bien, ça se plaît beaucoup en pot. 

Donc on peut très bien avoir un petit plant de tomate-cerise dans un petit pot sur un rebord de fenêtre. Je pense aussi aux aromatiques. Les aromatiques sont tout à fait conseillés. Tu peux faire de la ciboulette, de l’aneth, de l’estragon, du romarin, de la coriandre, du basilic. Jusqu’à il y a peu, je faisais du basilic sur le rebord de ma fenêtre. Ça peut tout à fait fonctionner.

Après, effectivement, si on veut commencer comme ça et qu’on sent qu’on devient mordu de jardinage, on peut aussi essayer de se renseigner dans sa ville, dans son arrondissement sur les jardins de quartier ou alors demander à sa ville si on peut obtenir un permis de végétaliser un espace. C’est aussi possible. Il y en a de plus en plus notamment à Paris.

Ronan : Ok. Ce sera un projet post-confinement, pour ceux qui veulent se lancer. Souvent, c’est associé à des démarches sociales qui sont vraiment intéressantes et on peut rencontrer des gens.

Thibaut : Oui, bien sûr. Je reviens un peu sur les gens qui n’auraient pas du tout d’espace chez eux. Là, l’immeuble en face du mien, il y a une dame au deuxième étage qui n’a pas de balcon, mais je vois il y a trois fenêtres qui ont la même exposition, une exposition ouest assez bonne. Et ses fenêtres sont remplies de jardinières. Elle a une dizaine de jardinières, et je vois qu’il y a des aromatiques, des petites fleurs. C’est super mignon et ça pousse très bien. La personne s’en occupe vachement bien. Je la vois tous les jours arroser, désherber. Donc oui, c’est possible.

Ronan : Ok. Et il y a aussi tout ce qui est micropousses et graines germées. On ne va peut-être pas trop entrer dans les détails, mais on pourra mettre quelques liens. Tu peux nous en dire deux mots ?

Thibaut : Oui. Tout à fait, on peut imaginer faire germer des graines. Pour ça, il y a des marques comme Germline qui propose des germoirs et des sachets de graines prêtes à être germées. Le principe des graines germées, c’est de prendre des graines, de les faire tremper dans l’eau jusqu’à ce qu’elles commencent à germer. Pour ça, en général, on peut s’équiper d’un germoir. On peut en acheter dans le commerce ou alors on peut très bien prendre un bocal et puis on met les graines à l’intérieur. 

On les laisse reposer une nuit entière dans l’eau. Le lendemain matin, on essore tout ça, c’est-à-dire qu’on se débarrasse de l’eau en conservant les graines bien sûr. On les rince à nouveau, une première fois, puis une deuxième fois. On fait ça deux fois par jour jusqu’à ce qu’on voit l’apparition de germes au bout des graines. Ces graines germées sont consommées à l’état de germes, c’est-à-dire qu’au bout de 4-5 jours normalement, elles sont prêtes à être consommées, et puis l’idéal, c’est de les consommer vite. Ça ne se conserve pas trop. Là, on bénéficie de tous les nutriments qui sont contenus dans la graine et c’est un véritable coup de fouet énergétique pour le corps. Non seulement c’est bon et ça permet d’agrémenter des salades, des sandwichs ou des plats, des omelettes aussi par exemple, mais en plus de ça, c’est très bon pour le système.

Ronan : Il y a également les micropousses. Là, il va falloir peut-être un peu plus de terre ou s’équiper avec un peu de matos, mais…

Thibaut : Exactement. Les micropousses c’est quand même un petit peu différent. Généralement, on a besoin de terreau, et donc on va venir faire germer des graines et ensuite les jeunes plants sont consommés très jeunes quand ils font 5 à 7 cm. On peut les laisser pousser, mais l’idéal, c’est de les consommer quand ils sont jeunes. Là, en fait, on dépasse le stade de la graine germée, on attend que le plan commence à produire ses premières vraies feuilles et on le consomme tel quel. 

Ça rejoint un petit peu ce qu’on disait tout à l’heure sur les mescluns que j’aime bien faire pousser. Le mesclun, ce sont des assortiments de graines qui sont destinés à former des salades, mais qu’on utilise et qu’on coupe avant qu’elles arrivent au stade de salade finie. On les utilise plutôt en jeunes plants. Donc là, on vient avec une paire de ciseaux. Tu connais très bien le principe, Ronan, puisque tu le fais chez toi. Tu viens avec une paire de ciseaux couper les plantules quand ils sont encore jeunes, et manger ça comme ça, frais. C’est juste délicieux.

Ronan : C’est top. En plus, c’est vraiment gratifiant, parce que ça sort vite, c’est vraiment simple. Il y a plein de choses à essayer en salade, ou même comme ça, crus ou sur une omelette comme tu le disais ou juste pour décorer un plat. Il y a beaucoup de chefs qui utilisent maintenant des micropousses pour l’aspect visuel de l’assiette aussi.

Thibaut : Oui, c’est devenu très à la mode dans la restauration. Du coup, il y a beaucoup de startups qui proposent ce genre de service, et ils te livrent chez toi ou dans les restaurants, des packs de jeunes pousses. Ça peut être de la roquette, des jeunes pousses asiatiques, de la laitue, n’importe quoi en fait.

Ronan : Je pense, j’espère du moins, qu’on a pu offrir une bonne idée de ce qu’il est possible de faire sur un balcon ou même sans balcon. S’il y a une personne qui nous écoute et qui se dit : « Ok, ils sont gentils, mais je ne suis pas complètement convaincue » ou elle sent qu’il y a encore une friction à se lancer, quelle est ta recommandation ?

Thibaut : Ma recommandation, c’est de ne pas hésiter, c’est-à-dire de se lancer. C’est d’acheter un sachet de graines. Pour ça, on pourra donner des liens. Je pense à La Ferme de Sainte Marthe qui est une entreprise semencière. Ils livrent donc tu peux très bien te faire livrer un petit sachet de graines de radis. 

Tu commences petit même dans un bac ou une jardinière, un tout petit truc. Tu mets un peu de terreau, si tu en as, sinon tu en achètes 20l. Parce que c’est vrai que tout à l’heure on parlait des bacs de terreau de 50l, mais il y a aussi 10l, 20l. On n’a pas forcément des besoins énormes en termes de terreau. Donc on commence à faire pousser des graines. Et je vous assure que quand vous verrez les premières feuilles sortir de terre, je pense que ça vous donnera vraiment envie juste de recommencer tout de suite derrière.

Thibaut : Si ce n’est pas le cas, au moins vous saurez que ce n’est pas pour vous pour l’instant.

Thibaut : Exactement, c’est ça. Tu fais bien de le préciser, parce que tu peux très bien te désintéresser pendant un moment et puis y revenir après.

Ronan : Nous, on est peut-être dans une bulle aussi, parce que ça nous intéresse donc on aimerait convaincre tout le monde qu’ils devraient lancer leur potager. Mais si l’idée paraît très tentante, et une fois qu’on se lance finalement, on se rend compte qu’on n’a juste pas envie ou que ça nous saoule.

Thibaut : Oui, ou qu’on n’a pas trop de temps à y accorder. De toute façon, à la base, il faut quand même avoir en tête l’idée que si tu lances des cultures, il va falloir que derrière tu sois un minimum présent pour arroser, pour veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de mauvaises herbes qui se développent autour, etc. Il faut avoir juste un petit peu de présence, mais il ne s’agit pas de rester derrière tes plantules 24h/24 à les surveiller. Ce n’est pas ça l’idée. 

Il faut aborder la chose de manière décomplexée. En fait, c’est la nature qui bosse pour toi. Tu lances les choses, tu permets une base saine et la nature te récompense en faisant pousser ce que tu as semé. En plus, c’est le cycle de la nature, c’est la vie tout simplement et c’est super beau. Il n’y a rien de plus beau.

Ronan : Surtout quand on a des enfants, je pense que c’est une super activité aussi.

Thibaut : Oui, c’est une super activité pour les enfants. Surtout, ça leur permet de comprendre que la nourriture ne pousse pas dans des sachets plastiques lyophilisés à Carrefour, qu’elle vient bien de quelque part et que ce quelque part, tu peux assez facilement l’atteindre à ton niveau.

Ronan : Oui, super. Et pour nous faire rêver alors : ce soir, tu as prévu quoi comme récolte ?

Thibaut : Ce soir, je ne sais pas. Là, de toute façon, je n’ai pas encore grand-chose de prêt, mais là je suis très excité par un choux kale que j’ai commencé à développer à la fin de l’année dernière sous une lampe LED chez moi, à l’intérieur. Puis je l’ai transplanté il y a quelques mois. 

Depuis que je l’ai transplanté dans un container plus grand avec un petit peu d’engrais, il s’épanouit et c’est super beau à voir, parce qu’il change de couleurs, il change de forme, les feuilles deviennent de plus en plus compactes. Enfin, c’est assez incroyable à regarder au jour le jour. Beaucoup d’excitations parce que j’ai lancé plein de nouveaux semis et d’ici quelques semaines, on devrait pouvoir en récolter les premières feuilles.

Ronan : Super. Thibaut, c’était un plaisir. Tu as déjà écrit quelques articles sur le jardinage sur Homelisty, mais je pense vraiment qu’on va développer cette rubrique jardinage pratico-pratique, petits espaces, débutants, etc., en essayant de décrypter les jargons, les infos un peu foutaises qu’on peut retrouver parfois sur Internet, ce qui est possible de faire et vraiment donner une espèce de guide aux personnes qui veulent de lancer sans leur promettre monts et merveilles, mais juste en leur disant : « Voilà ce qui est possible de faire et surtout lancez-vous ».

Thibaut : Exactement.

Ronan : Donc guettez Homelisty et rejoignez Thibaut sur Instagram (@roquette_man) si vous en avez envie. On mettra tous les liens en description du podcast. Si vous avez des questions, si cette rubrique vous intéresse, n’hésitez pas non plus à laisser des commentaires et on verra ce qu’on peut faire et comment on peut mettre tout ça en place.

Thibaut : Merci à toi de m’avoir reçu, Ronan.

Ronan : C’était un plaisir. Merci beaucoup !

Thibaut : Plaisir partagé. Salut !

Ronan : Salut, ciao.

Ronan

Par Ronan

Depuis le lancement d'Homelisty en 2015, ma mission reste la même : partager des conseils, des idées et de l'inspiration applicable pour vivre mieux à la maison.

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