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Comment Faire un Bon Café à la Maison, Comme un Barista

Même si je n’arrive pas vraiment à expliquer ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais café, je peux le dire dès que j’ai la tasse à la main.

Il y a beaucoup de paramètres qui rentrent en compte dans la préparation du café. La machine, le café en lui-même, la température de l’eau… Sans parler de la méthode de préparation et de la technique.

Bref, tout ça peut devenir intimidant.


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C’est certainement ce qui explique le succès des machines à capsules, on a l’impression de se préparer un bon café, sans avoir à trop réfléchir.

Mais depuis quelques temps, et à force de visiter des coffee shop, je me suis intéressé à l’univers du café. Et j’ai essayé de reproduire ce que j’observais chez les baristas.

J’ai aussi voulu en savoir plus. Pour aller plus loin, j’ai contacté des pros.

L’objectif ? Leur demander de partager leurs meilleurs conseils pour se préparer un bon café à la maison, comme un barista.

Tous ces conseils ne vont certainement pas vous transformer en expert du latte art, mais vous allez au moins avoir les bases pour vous préparer un bon café, chez vous, comme vous l’aimez.

Les baristas

Merci à Kathleen et à Florian pour leur disponibilité et leurs conseils !

Kathleen Bousiquier – Barista chez Columbus Café à Bègles.

Florian Lamare – Barista chez La Cafetière Catalane à Perpignan.

Sur le choix du café

Vous vous en doutez, le café instantané ne faisait pas partie des conversations avec les baristas contactés pour cet article.

Du café en grain

Du café en grain pour préparer un bon café à la maison, comme un barista
Du café en grain pour préparer un bon café à la maison, comme un barista (source : pexels.com)

Ils s’accordent tous à privilégier du café en grain, acheté auprès de torréfacteurs. « La première chose, la plus importante, c’est le choix du café », Florian recommande de choisir du café en grain fraîchement torréfié, « dans les 10 jours de préférence. »

Ses recommandations sont assez précises, il ajoute que pour une meilleure qualité dégustative, il faut utiliser le café de 72h à 1 semaine après la torréfaction.

Le café moulu ?

Éviter le café déjà moulu, même si selon Florian, on peut faire du bon café avec à partir du moment où l’on choisit une bonne marque « mais il faut savoir que le café une fois moulu va rapidement perdre ses arômes, quelques heures suffisent à éventer le café ».

Les marques de café

Florian ne peut pas recommander des marques de supermarchés, il indique même des les éviter pour les « problèmes de traçabilité », même s’il avoue que la qualité ne sera pas forcément mauvaise… « On ne sait pas forcément comment le personnel est traité. »

Un produit passionnant, de passionnés

Florian privilégie toujours les torréfacteurs. Son conseil : « faire travailler les torréfacteurs locaux, on en trouve dans quasiment chaque ville moyenne de France. » Une démarche humaine, très importante selon lui. Il ajoute aussi que le personnel est passionné, car « le produit est passionnant ». C’est notamment en visitant des torréfacteurs que Florian a eu envie de devenir barista, « le café suscite plein de questions ».

Sa recommandation : n’hésitez pas à poser des questions en visitant des coffee shop ou des torréfacteurs, « le café est dénigré, on se dit qu’un café c’est un café », mais Florian recommande de se poser les questions de ce qui se passe avant le fait de se faire un café chez soi à la maison. Ce n’est pas un « produit lambda de consommation courante ». Il suffit de s’y intéresser un minimum pour s’en rendre compte.

Même recommandation pour Kathleen « je vous suggère grandement d’aller choisir vos grains à moudre chez un torréfacteur ou dans un coffee shop pour profiter des conseils d’un spécialiste qui peut vous aider à découvrir vos préférences ». Elle précise que beaucoup de choses peuvent changer l’arôme du café, « sa provenance par exemple, le grain en lui-même ».

Arabica, Robusta ?

Plus léger ou plus fort, Kathleen offre un résumé « pour un café plus doux, plus aromatique et moins cafféiné », elle recommande de l’Arabica. Le Robusta pour un café plus fort. « Le pourcentage 80/20 pour un mélange des deux est idéal. »

Sur le choix de la méthode et de la machine

French press, cafetière à filtre, machine à espresso… C’est selon ses goûts.

« Il existe de nombreuses façons de vous préparer un café, tout comme il existe de nombreuses façons de le consommer ! » Kathleen conseille de choisir la machine qui correspond le plus à nos besoins quotidiens.

Les questions pour guider votre choix

Voici quelques questions pour vous orienter dans votre choix, si vous n’avez pas encore trouvé votre machine idéale.

  • Quel est le type de café que l’on préfère ?
  • Quel est le nombre de personnes qui vont en consommer ?
  • Quelle est la place que l’on a de disponible dans la cuisine ?
  • Quel est le budget que l’on peut y consacrer ?

Kathleen, offre aussi d’autres conseils pour vous aider à trouver votre machine à café idéale.

Le choix selon la quantité de café à préparer

Si vous préférez des cafés serrés, courts ou allongés mais que vous n’avez pas besoin d’en préparer de grandes quantités :

  • les machines à capsules : tous les prix sont disponibles sur le marché, vous pouvez changer de café selon vos envies, la dose idéale est versée et tout se prépare tout seul. « Ce n’est cependant pas la méthode la plus écologique ni rentable et vous n’avez pas le choix de vos grains de cafés ».
  • les machines à pistons petits modèles : leur contenance permet de préparer une tasse ou plusieurs, vous avez donc le contrôle sur le dosage et vous avez le choix complet de vos grains à moudre. Attention cependant à deux choses, il faut consommer son café rapidement sinon il continuera d’infuser et il faut vous renseigner sur la taille de la mouture.
  • la machine avec broyeur : « le top en matière de café », selon Kathleen. Vous choisissez vos grains et la machine s’occupe de moudre la quantité idéale, de la température de l’eau et de la taille de l’expresso. Son seul inconvénient est son prix, élevé puisqu’il s’agit d’une machine professionnelle.

Si vous souhaitez préparer des plus grandes quantités, plusieurs options :

  • la cafetière à filtre : parfaite pour un long café, très allongé, type Americano. L’infusion du café permet de développer tous ses arômes et toutes ses saveurs. La préparation est un peu plus longue et le goût prononcé ne plaira pas forcément à tout le monde, « mais le parfum qui se dégage est merveilleux au réveil ».
  • la cafetière électrique toute simple ou encore une cafetière manuelle :(Chemex ou Bodum) pour observer votre café en même temps qu’il se prépare.
  • la machine à piston à grande contenance : même principe que précédemment mais avec la possibilité d’en préparer des quantités plus importantes.
  • la cafetière à l’italienne (Moka) : pour un café traditionnel à la vapeur d’eau. Comme pour la machine à piston, plusieurs contenances sont disponibles.

Trouver SA machine

« Il n’y a pas forcément de machine meilleure qu’une autre » selon Florian « sauf si on parle de matériaux, robustesse… Et là, les prix grimpent très rapidement. » Ce qui ressort de la conversation avec Florian, c’est qu’il faut tester et expérimenter avant de trouver sa machine idéale.

Selon nos envies, on peut aussi varier les plaisirs en utilisant différentes machines et différentes méthodes de préparation.

La cafetière Chemex
La cafetière Chemex (source : pexels.com)

En tant que passionné de café filtre, le barista utilise une Chemex, « pour son résultat très fruité, avec peu de corps, tout l’inverse d’un espresso ». Il l’utilise quotidiennement, « c’est un objet magnifique » qu’il n’hésite pas à sortir lors des repas de famille ou avec des amis. « C’est un moment convivial pour les invités, un moment de partage, tout le monde est curieux ».

Kathleen utilise une machine à piston pour se préparer un café à la maison. Cette machine permet de « choisir mes grains avec précision et de les moudre uniquement lorsque j’en ai envie ».

Pour son utilisation personnelle, elle préfère également cette méthode « parce que je suis la seule à consommer du café à la maison et qu’elle me permet de réaliser une petite tasse ou un bol en fonction de mes envies ». Elle précise que même si son rêve est d’avoir une machine professionnelle, c’est un budget.

Que pense les baristas de l’Aeropress ?

J’ai forcément parlé de l’Aeropress au barista. Il l’utilise également, mais moins régulièrement. Selon Florian, « le résultat est sympathique » et la machine en elle-même demande très peu d’entretien, pour un résultat régulier.

« Un look cheap mais un résultat surprenant, c’est ce qui a fait son succès ». Le café est fruité et Florian admet que l’Aeropress permet de bien faire ressortir les saveurs.

Sur l’utilisation d’une balance

Je vais l’avouer, la première fois que j’ai vu un barista utiliser une balance pour mesurer la quantité de café et d’eau, je me suis dit que c’était un peu too much.

Pour mesurer le café, « on peut le faire à l’oeil » précise Florian « mais mais si on veut aller plus loin, si on veut comprendre pourquoi un jour le café est bon et l’autre pas, c’est bien d’avoir des repères ».

Comme une recette de cuisine

Et pour avoir ces repères, le mieux reste la balance. « Elle permet d’avoir un certain poids d’eau, un certain poids de café pour pouvoir, comme en cuisine, répéter les recettes et comprendre pourquoi un jour mon café était moins bon qu’un autre ».

Quel budget consacrer à une balance pour le café ?

« Si on tape balance de barista sur Google, les prix peuvent vite grimper, jusqu’à 300€ pour une balance ! » mais Florian ajoute que ce n’est vraiment pas indispensable de s’équiper avec du matériel aussi coûteux. Il utilise chez lui une balance à 10€ de chez Lidl qui pèse au gramme près jusqu’à 1kg, « et c’est largement suffisant ».

Pour commencer avec un petit budget, on peut même utiliser une cuillère dose puisque ça donne à 2 grammes près le même résultat à chaque fois. C’est d’ailleurs ce qui est utilisé pour l’Aeropress. Le fabricant vend la machine avec un doseur.

Une balance & un carnet de note

Florian utilise aussi un carnet sur lequel il note au fur et à mesure ses différentes recettes, ses différents dosages et ses techniques. Ce qui lui permet de se rappeler des réglages, de la mouture et de la température de l’eau.

Sur les bases pour faire un bon café à la maison

Les fondamentaux pour faire un café à la maison, comme un barista.

Pour Florian, il n’y a pas de règles. Mais il y a des bases, « et c’est important de s’y fier ».

Les bases selon Florian

  • café fraîchement torréfié
  • acheté chez un torréfacteur
  • fraîchement moulu (dans la demi-heure idéalement)
  • respect des mesures (eau et café)

Les bases selon Kathleen

  • toujours opter pour du café en grain (qui se conservera mieux)
  • ne moudre que ce dont on a besoin
  • utiliser la machine qui correspond à nos besoins
  • prendre soin de sa machine

Florian insiste sur la mouture. Pour lui, c’est « devenu un rituel, ces 50 secondes que je passe à moudre mes grains de café sont indispensables à mon processus pour me réveiller le matin, sans ça, ma journée est différente ».

« Pas assez de café pour trop d’eau vous donnera le fameux jus de chaussette, trop de café pour pas assez d’eau vous donnera une mouture imbuvable ». Si vous n’utilisez pas une machine automatique ou à capsules, peser le café est une étape importante pour un dosage précis.

Kathleen indique qu’il faut se renseigner sur les grains et la mouture en fonction de la machine que l’on utilise et du type de café que l’on souhaite préparer. D’où l’importance, encore une fois, d’être curieux et de ne pas hésiter à se faire conseiller par les baristas et les torréfacteurs.

Sur la mouture & le moulin

Tous les baristas interrogés sur le sujet sont catégoriques : il est très important de moudre au fur et à mesure, car une fois moulu, le café s’oxyde.

Le choix du moulin dépend du budget et de l’utilisation que l’on va en faire. Si on boit qu’un café de temps en temps ou si on est plus sérieux.

Si on a le temps, Florian recommande un moulin manuel. Le modèle qu’il utilise est « extrêmement cher », il le reconnaît lui-même, « mais en même temps il est très précis, très rapide, et il me permet de trouver tous mes réglages rapidement ».

Florian utilise le Nitro Blade C40 de la marque allemande Commandante, « un grand classique, je pense que c’est le meilleur moulin manuel du marché, il arrive a égaler des moulins qui valent plus de 1000€ ».

Le seul inconvénient, c’est que ça demande du temps. « Il est cependant compliqué de moudre manuellement du café pour de l’espresso », ça demande une mouture suffisamment fine et quand Florian passe 50 secondes à faire sa mouture pour la Chemex, ça lui prendrait 1m30 voir 2 minutes pour un espresso.

Pour une machine espresso à la maison, le barista recommande un moulin électrique.

Quand je lui demande des recommandations de moulins manuels plus économiques, Florian indique le Porlex, « un ami barista utilise ce moulin depuis 3 ans et il en est très content ».

Si vous préférez utiliser un moulin électrique pour faire du café filtre ou du café avec une machine à piston type Bodum, il faut prévoir un budget entre 70€ et 100€ pour « trouver un bon produit ».

Par contre, un moulin pour espresso, « rien de correct en électrique à moins de 300€, une machine a espresso de qualité nécessite une certaine homogénéité dans la mouture ».

C’est bien entendu un investissement, que vous n’êtes pas obligé de faire si vous commencez tout juste dans l’univers du café. « Le moulin peut coûter cher, mais il va durer dans le temps, c’est un investissement. On peut changer de machine, mais on garde le moulin, s’il est de qualité. »

Pour Kathleen, il existe une alternative pour toutes les personnes qui veulent faire leur mouture à la maison. « Si vous n’avez pas de broyeur, il existe désormais de nombreux blenders et mixeurs avec une hélice spéciale pour moudre grains, graines ou encore oléagineux. Cela fonctionne très bien avec le café. » Elle précise de ne pas utiliser les hélices à mixer, qui abiment les grains du café.

Sur l’eau & sa température

« C’est le premier ingrédient du café ! Il y’a plus d’eau dans le café que de café ». Florian précise que si l’eau du robinet est relativement douce, on peut l’utiliser pour faire un bon café, mais cela fera des dépôts malgré tout.

L’eau est importante pour la qualité gustative, mais également pour l’entretien du matériel. Pour préserver ses machines, Florian recommande une eau assez claire, sans trop de résidus et sans trop de calcaire.

Une eau filtrée

Une eau filtrée permet de bien préserver les arômes du café. « Au début, j’utilisais des packs de Volvic, mais on crée des déchets ce qui est insupportable à la longue ». Il a donc choisi d’utiliser une carafe filtrante Brita et de changer le filtre tous les mois.

La bonne température

Pour la température de l’eau, Florian indique que « tout dépend de la recette, du degré de torréfaction du grain. En augmentant la température de l’eau, on va pouvoir extraire en profondeur un grain qui est assez clair ».

Pour Kathleen, « rien ne vous oblige à utiliser une eau filtrée, néanmoins, si vous le pouvez, c’est mieux. Cela permet d’éliminer les impuretés naturellement présentes (odeur et goût) et donc préserver les arômes de votre café ».

Les erreurs à éviter

La température de l’eau à un rôle à jouer dans la préparation de son café, « l’eau ne se fait pas bouillir, il faudra l’arrêter entre 80 et 90°C, tout dépend de la torréfaction de votre café ». Une eau trop chaude ou trop froide peut donner de l’amertume ou de l’acidité au café.

Dernier conseil de Kathleen pour la préparation avec une cafetière manuelle « n’oubliez pas de regarder l’heure ! Le temps d’infusion idéal est de 4 minutes. Trop infusé votre café sera également amer et pas assez infusé il n’aura pas le temps de développer tous ses arômes. »

Sur l’entretien des accessoires

Si vous avez une machine à espresso, Florian préconise d’utiliser le filtre, certaines machines sont déjà équipées. Mais « au bout de 6 mois, si l’eau est un peu dure, la machine risque déjà de se détériorer. » Pour le barista, le budget de 5 à 10€ par mois pour un filtre est un petit investissement très utile pour préserver une machine et la faire durer le plus longtemps possible.

En ce qui concerne l’entretien du moulin, « ils sont généralement simples à démonter, un petit coup de pinceau pour les résidus de mouture, les graisses (les huiles essentielles du café) qui viennent se déposer sur les parois du moulin et sur les meules ». Il recommande le même entretien, régulier, pour un moulin électrique.

Les ennemis : le tartre et le calcaire

Kathleen précise « peu importe la machine que vous utilisez (machine à expresso, machine italienne, à piston…), pensez à la détartrer et à bien nettoyer le dépôt de marc de café. Rincez également les filtres si vous utilisez des filtres réutilisables. Le tartre et le calcaire sont les principaux ennemis de votre matériel. »

Sur la provenance & la qualité du café

Florian recommande de « préférer le café de spécialité au café de commodité ».

Le café de spécialité, ce sont tous les cafés qui dépassent la note de 80 sur 100 de l’Alliance For Coffee Excellence. Ce sont les cafés qui ne sont pas cotés en bourse. Ce système de notation prend plusieurs choses en considération, la qualité gustative, mais également la démarche éthique et équitable.

Une démarche éthique

Une démarche éthique qui permet de mieux contrôler l’origine du café, plutôt que d’acheter un café de supermarché avec le label « fair trade« , car peu de personnes pour vraiment le contrôler.

« Mais tous les torréfacteurs ne sont pas d’accord pour mettre cette note ». Il précise qu’on ne retrouvera pas cette information dans le café industriel, car il est « acheté en bourse, avec des cargos entiers. »

Dernièrement, il achète par internet (à cause du confinement). En ce moment il boit un café de Colombie, son budget est jusqu’à 80€ le kilo. Ça semble un budget important, « mais je prends en considération le fait que ça s’apprécie, c’est une démarche, c’est un produit noble. »

Pour Kathleen également, l’aspect éthique est important « je considère qu’il est important d’opter pour un café équitable, pour que notre tasse ne se résume pas à notre simple plaisir personnel ».

Pour vous aider à choisir

Pour choisir, cela dépend des goûts. Elle préconise de vérifier plusieurs critères pour vous aider. N’hésitez pas également à poser des questions aux torréfacteurs ou à vous faire conseiller.

  • la torréfaction : plus le grain est grillé, plus l’arôme sera puissant. Clair pour un slow coffee (filtre), medium pour une machine à expresso, foncé pour un café à l’italienne.
  • la famille : Arabica (doux, moins caféiné, plus aromatique) ou Robusta (fort, corsé, plus caféiné).
  • la provenance, pour plusieurs raisons : premièrement certains pays sont spécialisés dans l’Arabica, d’autres dans le Robusta. Ensuite, « parce que je vous suggère d’opter pour un café avec une bonne traçabilité ». La façon même dont le café est cultivé et récolté va jouer sur son arôme. « Tout comme pour un bon vin, un bon café coûtera plus cher, les grains seront triés et cueillis à la main… ».

Sur la conservation du café

Le café est fragile à la lumière à l’oxygène, à l’humidité. Pour du café moulu, Florian recommande de le fermer le plus hermétiquement possible.

Il propose d’utiliser une barrette à placer sur le sachet et de le mettre en plus dans une boite hermétique. Si on achète du café moulu, il faut le conserver le plus hermétiquement possible dans son sachet et le mettre dans une autre boite hermétique.

Le débat du frigo

« La question est assez controversée », certains baristas recommandent de le mettre au frais mais Florian préfère ne pas le faire. Car le frigo a des odeurs et il y a de l’humidité. Même bien fermé, il peut y avoir un impact qui va détériorer le café.

Kathleen précise également qu’il est plus facile de conserver les grains que la mouture en elle-même (et donc l’importance de le moudre au fur et à mesure, juste ce dont on a besoin).

Son astuce si vous avez moulu un peu trop de café, « c’est de le conserver dans un pot à confiture ou un Tupperware et de s’assurer que le contenant est bien hermétique car l’oxygène est l’ennemi du café ».

Pour Kathleen aussi, « le réfrigérateur est une fausse solution ». Placer la mouture au frais permet de ralentir l’oxydation, mais cela détériore également les saveurs du café qui ne supporte pas les températures extrêmes.

En ce qui concerne la conservation, elle recommande de suivre ces 4 règles importantes :

  • température ambiante
  • à l’abri de la lumière
  • au sec
  • sans air

Dans un placard fermé

Si le torréfacteur vend le café dans une poche zippée avec valve de dégazage, laissez le café dedans. Si ce n’est pas le cas, utilisez une barrette et placez le sachet dans une boite.

La période de conservation du café

« C’est un produit vivant » et Florian indique de ne surtout pas le conserver indéfiniment. À partir du moment ou le café est torréfié, il va se détériorer. Le niveau optimal de qualité gustative est atteint de 72 heures à 1 semaine, « ensuite il va commencer à perdre de ses arômes et à s’éventer ».

Pour un paquet ouvert de café, il préconise une consommation dans les 2 mois. Pour un paquet de café en grain fermé, vous pouvez l’utiliser dans les 6 mois. Des repères utiles, « même s’il va commencer à perdre dès la fin du premier mois ».

Sur les accessoires pour se préparer un café de barista à la maison

Les indispensables de Kathleen :

Sur l’erreur la plus fréquente

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes constatées par les baristas ?

Pour Florian, c’est la température de l’eau, et la façon de verser l’eau sur le café (pour une préparation filtre).

Un café au pif

« Un café au pif » avec une eau que l’on fait bouillir. Pour éviter cette erreur, le barista recommande d’utiliser une bouilloire avec bec de cygne, qui permet de ralentir le débit de l’eau et de la repartir de manière homogène pour que toute la mouture soit immergée de la même manière. Il ne faut surtout pas « bruler le café » et « on arrive rarement à faire un bon café en faisant les choses au hasard ».

Une bouilloire avec bec de cygne pour maîtriser le débit de l'eau sur le café
Une bouilloire avec bec de cygne pour maîtriser le débit de l’eau sur le café (source : pexels.com)

Pour Kathleen, les 3 erreurs les plus fréquentes qui « ruinent notre café » :

  • trop ou pas assez de mouture
  • une eau trop ou pas assez chaude
  • une infusion trop ou pas assez longue

Sur la préparation d’un café espresso à la maison

« La machine à expresso et une bonne mouture seront vos meilleurs alliés », précise Kathleen, elle ajoute « le café doit être bien tassé pour couler à la perfection et développer tous ses arômes en quelques secondes seulement ».

Sur la préparation d’un café americano à la maison

Pour l’americano, Kathleen recommande une bonne machine à filtre, avec une eau filtrée et surtout le bon dosage, que ce soit en eau, mais également en café.

Sur la préparation d’un café latte à la maison

Un conseil de Kathleen pour le café latte : « si vous savez vous faire couler le parfait expresso, ce n’est plus qu’une question de lait. Sur une base de 30cl (soit une belle tasse), le latte doit seulement contenir un double ristretto (donc peu de café), le reste est complété par le lait ».

Elle recommande un lait velouté, légèrement épais et brillant, le tout surmonté d’une mousse très, très légère. « Tout est une question d’air injecté, une buse à lait est donc l’accessoire idéal ».

Une buse pour préparer la mousse de lait
Une buse pour préparer la mousse de lait (source : pexels.com)

Le café latte « je n’ai rien contre, même si je n’ai pas choisi le métier de barista pour faire du latte art, mais plus pour la partie engagement, qualité du produit… À partir du moment ou j’ai relâché la pression sur le latte art, c’est venu naturellement ».

Latte art et préparation du café comme un barista
Latte art et préparation du café comme un barista (source : pexels.com)

Pour le barista, ce n’est absolument pas un sacrilège de faire des cafés latte avec un café de qualité. On peut préparer des cappuccinos, des flat white, des cafés crèmes, « mais c’est comme le café, il faut un lait de qualité ».

Florian ajoute « le plus important est que le café plaise à celui qui le boit ». Quel que soit le type de lait, il faut expérimenter. Si on rate un café, ce n’est pas la fin du monde ».

Sur le conseil personnel des baristas

Si vous souhaitez vous lancer dans l’univers du café, Kathleen recommande de demander l’avis d’un professionnel. « Que ce soit torréfacteur ou coffee shop, nous sommes ravis de partager nos conseils avec vous et de vous permettre de recréer l’expérience à la maison ».

Tester & expérimenter

Chez Kathleen comme chez Florian, il ressort également cet aspect du test et de l’expérimentation, de manière régulière. « Pensez à déguster différents cafés, sans lait et sans sucre. Cela vous permettra de découvrir les arômes que vous appréciez ou non ».

Sur l’état d’esprit

C’est sans doute ce qui m’a le plus interpellé lors de mes discussions. Je m’attendais à recevoir beaucoup d’infos très techniques et précises pour faire un bon café. En fait, j’ai découvert que se préparer un café, c’est avant tout adopter un certain état d’esprit, et presque une réflexion personnelle, une démarche engagée.

« Si on veut un bon café, ce n’est pas que des produits, des techniques, c’est aussi prendre le temps et s’y consacrer pleinement ».

Pour mettre le choses en perspective, Florian précise que la plante met 5 ans à produire ses premiers fruits, « autant prendre le temps de le respecter et de traiter le café à sa juste valeur ».

En prenant le temps de se préparer un café pour le savourer, Florian respecte tout le travail en amont, fait par les producteurs, les sourceurs, les cueilleurs… Un travail fastidieux et peu considéré.

« C’est le rituel du matin, se réveiller en douceur avec un bon produit. Comme tous les rituels, on s’y attache, c’est un moment vraiment agréable, un bon produit qu’on a préparé avec soin, avec un bel objet dans la main. Forcément, une journée qui démarre comme ça ne peut que bien démarrer… »

Le mot d’Homelisty

Ce que j’ai appris en préparant cet article et en discutant avec les différents baristas, c’est qu’il n’y a pas de règles, mais des bases à respecter.

Une fois que l’on respecte ces bases, il faut se prendre au jeu, prendre le temps et expérimenter.

La préparation d’un bon café, c’est avant tout un état d’esprit, une démarche éthique et responsable et surtout, beaucoup de curiosité. L’aspect respect du produit est également très important.

Peu importe la machine ou la préparation, l’essentiel est de trouver ce qui nous correspond vraiment.

On associe souvent le café à l’excitation de la caféine et au coup de boost, mais en prenant contact avec les baristas, j’ai plus eu le sentiment d’une approche presque zen, liée au rituel de la préparation du café.

Par exemple, à chaque voyage, Florian essaye de visiter différents coffee shop. En ce moment, il achète son café via internet pour faire « un tour de France des torréfacteurs ».

Comme pour beaucoup de choses, le café idéal, c’est le café que vous allez aimer préparer. Ne vous laissez pas influencer par les modes ou les tendances. C’est aussi le plaisir de trouver et de construire soi-même sa recette idéale.

Vous n’avez pas besoin de grand chose pour commencer à vous préparer un bon café à la maison. Plus que café, la machine ou les accessoires, il faut du temps et de la curiosité. Et plus vous allez vous intéresser à l’univers du café, plus vous risquez de vous passionner.

image à la une de Lina Kivaka via Pexels

Ronan

Par Ronan

Depuis le lancement d'Homelisty en 2015, ma mission reste la même : partager des conseils, des idées et de l'inspiration applicable pour vivre mieux à la maison.

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