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Être Bien Chez Soi & En Soi Avec Eric Brun-Sanglard – Podcast Homelisty #2

Eric Brun-Sanglard est un architecte d’intérieur, auteur et conférencier.

Dans ce podcast, vous allez découvrir le parcours du « Blind Designer », son changement de vie et son approche unique pour être bien chez soi et en soi.

Eric partage des conseils pratiques et applicables pour enfin vous sentir bien chez vous.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir son dernier livre « Reconstruire sa maison intérieure : Être bien chez soi et en soi. » et à consulter les notes du podcast pour retrouver toutes les informations discutées.

Notes du Podcast

Retranscription du Podcast

Ronan : Pour cette seconde édition du Podcast Homelisty, je reçois un architecte d’intérieur, auteur et conférencier. Bonjour Eric. Je vous laisse vous présenter.

Eric : Bonjour Ronan. Mon nom est Eric Brun-Sanglard, je suis Franco-Américain. Je suis connu aux Etats-Unis sous le nom d’Eric B. The Blind Designer, ce qui signifie le designer aveugle, puisqu’en effet, je suis non-voyant. J’ai d’ailleurs perdu la vue à 33 ans. Je n’étais pas du tout dans l’architecture d’intérieur. Si, j’étais dans le design à ce moment-là, mais dans le parfum. Je faisais de grosses campagnes publicitaires pour des grandes marques de parfum avec un bureau à Los Angeles, un autre bureau à New York et un bureau à Paris. Et c’est simple, j’avais toutes les grandes marques de parfum. C’était un univers que j’aimais énormément. Et au même moment, je refaisais ma maison sur les collines de Los Angeles. Et je suis rentré un jour de Paris avec un problème à mon œil droit. Je suis allé voir un ophtalmologue, pensant qu’il me faudrait des lunettes. Et c’est là où j’ai appris que j’avais une infection virale qui s’appelle le cytomégalovirus, souvent appelé le CMV, et qu’il fallait que je commence à ce moment-là de la chimiothérapie. Et on m’a annoncé non seulement que j’allais devenir aveugle, mais que j’allais probablement en mourir, parce que le virus attaquerait la mémoire, le cerveau et toute cette partie-là. Et donc, il finirait par me tuer. C’était un choc total. 

J’explique cela pour vous dire comment je suis abouti à ce nouveau parcours de ma vie. J’étais en train de refaire ma maison sur les collines de Los Angeles. Naturellement, j’avais tout arrêté quand j’ai appris cette nouvelle qui était quand même extrêmement lourde. Je continuais à travailler jusqu’au moment où j’ai complètement perdu la vue. C’est-à-dire que je me suis réveillé un matin, c’était le 5 novembre, à mes 33 ans, et là, j’étais complètement aveugle. C’était comme si on m’avait enlevé la lentille d’une caméra. C’était tout flou. À l’époque, j’avais encore un peu de notion de lumière. C’était parti très vite parce que le nerf optique s’est cassé en fin de compte. Donc, il n’y a plus du tout de connexion entre l’œil et le cerveau. Et là, voilà, c’étaient les grosses questions. Qu’est-ce que je vais faire ? Comment je vais continuer à vivre ma vie ? Parce que j’étais toujours vivant. Et j’avais ces travaux que j’avais commencés dans ma maison à Los Angeles. Je ne pouvais plus travailler comme vice-président de cette agence de publicité de parfum. Et j’avais des factures énormes qui s’accumulaient, puisqu’aux États-Unis, même si on a une très bonne assurance, malheureusement, les factures continuent est les impôts continuent, et tout cela ne s’arrête pas. 

J’ai donc dû prendre la décision de devoir finir ces travaux que j’avais commencés. Et c’est là où la première chose que j’ai dû faire, c’était de me réapproprier ma maison. Comment se réapproprier sa maison quand on est aveugle ? D’abord, c’est le toucher : toucher les parois, les murs. Donc déjà, une connaissance et une réaction aux matériaux, c’est-à-dire que je redécouvrais les matériaux en les touchant, leurs propriétés (agréables, désagréables, chauds, froids, selon l’heure de la journée). Certains prenaient la chaleur du soleil plus que d’autres. 

Donc petit à petit, me voilà me réappropriant les murs de ma maison jusqu’au moment donné où j’ai réalisé qu’il fallait que je quitte les murs pour rentrer dans l’espace. Et là, j’ai utilisé un autre sens. Le premier était le toucher, là, j’ai utilisé le sens du son. En tapant sur mes mains et même en tapant par terre, j’écoutais l’écho de la pièce, qui me donnait une dimension de l’espace autour de moi. La hauteur du plafond, c’est un peu comme une balle de tennis qu’on envoie et si elle revient très vite, c’est que justement les plafonds sont bas. C’est pareil avec l’écho. Si l’écho revient très vite, c’est que les plafonds sont bas. Si cela prend plus de temps, c’est que l’espace est plus grand. Donc voilà, c’était ma technique à moi pour me réapproprier l’espace, pour aussi me donner des idées des matériaux. Les matériaux durs ont plus d’écho. Donc, les sons sont plus durs quelque part. Je parle par exemple de céramique, de pierre, de ciment, des choses comme cela. Et les matériaux que j’appellerais « plus absorbants » comme le bois, les moquettes, les tissus, toutes ces choses-là par contre s’imprègnent plus du son. C’est-à-dire que le son est moins strident, moins dur. Donc cela me donne aussi les informations. 

L’autre chose que j’ai commencé à faire à travers les sons, c’est d’écouter les sons de la maison. Puisque dans une maison, on a plein de petits sons dont on ne fait souvent pas attention, comme le son du réfrigérateur dans la cuisine, les sons des canalisations ou le son de l’extérieur. J’avais une piscine, donc j’entendais aussi le son du moteur de la piscine. En fin de compte, tous ces petits sons devenaient un peu mes points cardinaux dans cette maison, pour m’aider à me diriger. 

Les autres points cardinaux que j’ai commencé à établir avaient affaire aux odeurs. C’est vrai que les odeurs, on ne s’en occupe pas trop dans une maison, à part si elles sont vraiment très fortes. Mais bon, là, comme je n’avais plus la vue pour me diriger, j’ai commencé à utiliser mes autres sens. Et du coup, je sentais l’odeur, l’odeur d’une cuisine, d’une salle de bains, mais aussi l’odeur des matériaux. Certains matériaux ont des odeurs plus puissantes que d’autres, comme le cuir, les moquettes, ou même le bois. Certains bois ont une certaine odeur. Le métal a une odeur, le ciment a une odeur. 

Donc petit à petit, je me suis aussi réapproprié ma maison à travers ces odeurs, ou même l’odeur de l’extérieur, des plantes, des choses comme cela. Petit à petit, je me réappropriais cette maison. Après, je me suis rappelé de l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, cet homme que Léonard de Vinci nous montre en deux positions : une position en X dans un rond et une position en +, le signe + dans un carré. Ce carré nous montre qu’en ouvrant nos bras à l’horizontale, on retrouve notre hauteur. Puisqu’il le met dans un carré parfait, ce qui nous dit que notre hauteur et l’ouverture de nos bras sont exactement égaux. Moi, je fais 1m83 – en plus aux États-Unis, c’est six pieds – donc c’est rond. Comme cela, en ouvrant mes bras, je me mettais dans un angle, j’ouvrais mes bras. Après, j’allais avec mon doigt de gauche, par exemple, je mettais mon doigt gauche sur l’angle, la main droite à la verticale. Puis, je prends mon doigt gauche et je le mettais où était mon doigt droit et je continuais comme cela à aller vers la droite, en mesurant mon espace. Et donc j’utilisais mon corps pour mesurer mon espace. Et du coup, j’arrivais assez facilement à quelques centimètres près naturellement à mesurer les murs. 

Et ce qui était aussi très intéressant, c’est que je réalisais qu’une habitation, c’est vrai qu’on regarde toujours les choses d’une manière globale, mais cela doit être fait par rapport à notre taille, par rapport à notre corps, par rapport à l’espace dont on a besoin pour circuler. Par exemple, vous êtes dans une douche, combien de place vous aurez besoin dans votre douche pour pouvoir vous laver, pour pouvoir quand même avoir assez d’espace pour attraper un shampoing, faire tout ce que vous avez à faire. Et quand vous ouvrez la porte de la douche, combien d’espace il va falloir que vous trouviez pour aller chercher une serviette ? Donc là, j’ai aussi compris que mon corps serait vraiment un instrument très important, un instrument de mesure, un instrument de compréhension dans mon espace. Pareil pour une cuisine, je me mets devant le fourneau, combien de pas dois-je faire pour aller chercher les choses dans le frigidaire ou dans le placard ? Donc tout est devenu en fin de compte « par rapport à mon corps ». 

Petit à petit, je continue à me réapproprier cette maison. Mais après, il y avait la notion de couleur. La couleur, cela a été très intéressant, parce que préalablement comme je disais, j’étais dans la publicité de parfums. Et même avant cela dans la publicité de cosmétiques, j’allais très souvent vérifier l’impression chez les imprimeurs qui faisaient les magazines, pour vérifier par exemple la couleur d’un rouge à lèvre ou d’un maquillage, pour que cela soit vraiment très précis, exactement la couleur qu’il fallait qu’elle soit. Donc j’ai vraiment appris à travers l’imprimerie, avec les 4 couleurs qu’on utilise pour imprimer, c’est-à-dire le noir, le rouge, le bleu et le jaune, ce qu’on appelle : black, cyan, magenta et yellow. Comment ajuster toutes ces couleurs pour créer toutes les couleurs de l’arc-en-ciel quelque part ? Donc les couleurs, j’avais une bonne notion. 

Et pendant que je faisais ma chimiothérapie, j’étais allé voir un médecin en médecine chinoise pour me désintoxiquer de tous ces produits chimiques que j’absorbais et qui étaient très néfastes pour mon corps, même si on avait essayé de tuer ce cytomégalovirus. Et du coup, ce que mon médecin en médecine chinoise me faisait faire : il me faisait tendre mon bras devant moi en me donnant des herbes pour essayer justement de me désintoxiquer. Et il me demandait de tenir cette herbe dans mon poing et de tenir mon bras droit et de résister au maximum. Et lui, il me poussait sur le bras. C’est vrai que je réalisais que certaines herbes me donnaient plus d’énergies et plus de forces que d’autres. C’est là où il m’expliqua que c’est comme des énergies, comme l’électricité quelque part. Deux énergies qui se complètent pour me donner plus de forces. Un peu le système des vitamines. C’est-à-dire que certaines vitamines dont on a besoin vont nous donner plus de forces que d’autres et c’était un peu le même système. 

Et en fin de compte, je me suis rappelé de cette expérience et j’ai essayé de faire la même chose avec des couleurs. Parce que pour moi, les couleurs sont des vitamines, c’est quelque chose qui nous fait du bien. J’ai demandé à quelqu’un de m’amener des échantillons de couleur sans me dire la couleur naturellement. J’ai fait le même exercice et je réalisais que certaines couleurs me donnaient plus de forces que d’autres dont une spécifiquement, c’était un orange brûlé, un peu la couleur des boîtes Hermès, si vous voyez un peu ce que c’est que cette couleur-là. Et c’est vrai que cela m’a fait un peu rire quand il m’a dit cette couleur, parce que c’était une couleur un peu fétiche que j’ai toujours adoré. Comme les vitamines, naturellement, on ne va pas prendre des doses énormes de couleur. Donc les couleurs, il faut aussi savoir les gérer, en avoir assez pour nous faire du bien, mais pas trop ou on fait une intoxication quelque part.

Ronan : Tous les concepts que vous venez de partager, c’est cela que j’ai vraiment adoré dans votre livre. On y reviendra d’ailleurs à votre livre. C’est vraiment une nouvelle manière de penser la maison. Et personnellement, je vous ai découvert dans l’émission : « Grand bien vous fasse » sur France Inter et vos propos ont vraiment résonné comme ils résonnent encore plus aujourd’hui, parce que vous insistez vraiment sur l’importance du lien entre nos deux maisons, celle que nous habitons et la maison intérieure que nous portons en nous.

Eric : Justement, c’est ce qui a été très intéressant, comme je l’ai expliqué tout à l’heure, quand je suis allé voir cet ophtalmologue qui m’a expliqué que j’étais infecté par ce virus, ce cytomégalovirus, que pour lui, j’allais en mourir. Et c’est cela qui a été très intéressant, c’est qu’en refaisant ma maison, j’avais commencé les travaux, parce que j’avais fait d’énormes travaux, je n’ai pas réalisé sur le moment, mais j’étais aussi en train de reconstruire ma santé. C’est-à-dire que petit à petit, quelque part, il y avait cet espèce de miroir entre mon environnement et moi-même. 

Et ce qui a été extraordinaire, c’est que quand j’ai fini cette maison et que je faisais naturellement des examens de santé très souvent, mes médecins étaient absolument choqués. D’ailleurs, j’ai fait la une d’un journal médical très connu aux États-Unis qui s’appelle le « New England Medical Journal ». J’ai fait la une de ce journal parce que j’étais un peu le miraculé. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai écrit mon dernier livre : « Reconstruire sa maison intérieure », se sentir bien chez soi et en soi. Parce que c’est vrai qu’en reconstruisant cette maison, je me suis également reconstruit moi-même. Et quand j’ai fini cette maison, moi qui avais toujours été dans quelque chose de très visuel, puisque j’étais dans la publicité de fringue d’abord et après de parfum, quand les gens sont venus voir, les premiers agents immobiliers qui sont rentrés dans cette maison pour me donner un prix pour la revente – parce que je devais la revendre pour payer toutes mes factures – ils me disaient tous : « Qu’est-ce qu’on se sent bien chez toi ! On n’a pas envie de partir ! ». 

J’avais quitté ce vocabulaire, j’étais très habitué à un vocabulaire très esthétique, puisque j’étais dans un monde d’esthétisme pour rentrer dans un monde de bien-être, un vocabulaire qui avait vraiment affaire avec l’intérieur, quelque chose de très intime. Et c’était là vraiment où j’ai réalisé que j’avais dépassé quelque part ce côté visuel pour rentrer vraiment dans quelque chose de très profond. Et ce côté bien-être, pour moi, est un succès, quand on crée une maison, quand on réalise une maison. Et c’est ce que j’ai fait aujourd’hui pour mes clients, je me mets dans leur univers, parce que je ne crée pas leur maison pour moi. Ce n’est pas à mon image. Je me mets dans leur tête, en passant beaucoup de temps à leur poser beaucoup de questions pour vraiment comprendre comment ils vivent, ce dont ils ont besoin et pour créer ce bien-être qu’on recherche tous quelque part. Surtout maintenant, on a tous réalisé – à travers cette période qui a été très difficile où on a tous été un peu bloqué chez nous – combien notre intérieur peut nous faire du bien, mais aussi combien il peut être néfaste, combien on peut se sentir mal ou ne pas trouver sa place dans notre intérieur. 

Ronan : Et se sentir bien chez soi en fait, moi, je partage cette opinion, je pense que de plus en plus de personnes la partage également exactement pour les raisons que vous venez de m’expliquer. En fait, se sentir vraiment bien chez soi, c’est une sensation unique, on l’a tous ressenti au moins une fois dans sa vie. Mais parfois finalement, après un déménagement, après un changement de vie, cela nous échappe et on finit par oublier à quel point c’est agréable et quasiment naturel de rentrer chez soi et de s’y sentir vraiment bien. 

Et ce qui ressort de votre dernier livre justement, c’est que se sentir bien chez soi, il n’y a pas de formule magique, cela prend du temps. Vous offrez plein de conseils très pratiques, avec des exemples pour les illustrer. Mais je suis curieux, pour nos auditeurs qui nous écoutent, d’après votre expérience en tant qu’architecte d’intérieur, quelle est justement l’erreur la plus fréquente que font les gens qui emménagent dans une nouvelle maison, dans un nouvel appartement ? Puisqu’on sait que cela prend du temps de retrouver cette sensation de se sentir vraiment bien chez soi. Est-ce que quand vous travaillez avec des clients qui viennent d’emménager, vous avez remarqué des « erreurs » ou des conseils que vous aimez bien leur donner pour les aider sur ce point-là ?

Eric : Erreur, c’est intéressant, puisque je pense qu’il n’y a pas forcément d’erreur comme les gens me disent : « Ah mais quel est le bon goût ? ». Il n’y a pas de bon goût. Moi, ce qui m’intéresse, c’est que les gens se retrouvent chez eux. Cela doit être un endroit de bien-être. D’abord, il faut oublier que c’est un endroit strictement visuel. Non, un endroit n’est pas strictement visuel. Un endroit doit être sensoriel, c’est-à-dire qu’il faut travailler tous les sens. C’est important, moi, j’ai eu des clients qui ne réalisaient pas quelque part qu’il y avait des sons qui les dérangeaient ou des odeurs, ou même trop de choses. C’est vrai que souvent, on garde des choses. 

Vous parlez de déménager, quand on déménage justement, c’est l’occasion de laisser le passé derrière soi, de laisser des choses. Vous savez, une maison a son identité aussi. Ce que j’explique à mes clients, c’est qu’on doit être en harmonie avec notre intérieur, c’est-à-dire qu’on a deux identités. On a l’identité de la maison et on a notre identité à nous. Et c’est comment ces deux vont se marier, c’est déjà comprendre, avoir la compréhension de cela, de ne pas adapter notre maison dans laquelle on vivait, prendre tout cela et l’imposer à un nouvel intérieur. Cela ne marche pas, c’est comme si vous prenez une relation, vous passez d’une relation à une autre et vous allez traiter la nouvelle personne que vous avez dans votre vie exactement comme vous avez traité une ancienne personne. Non, ce n’est juste pas possible. 

Donc, c’est déjà avoir la compréhension de cela, qu’on va avoir affaire à quelque chose de nouveau. Déjà, on commence à le comprendre. Moi, j’aime passer du temps dans un endroit où il n’y a rien pour l’instant, déjà pour le ressentir. C’est-à-dire écouter, sentir, toucher, ressentir l’espace, le volume et comprendre justement comment une maison se déroule, c’est-à-dire qu’il y a un flow. Quand on passe d’une pièce à l’autre, il y a quelque chose qui se passe chaque fois, c’est déjà comprendre un peu le déroulement de cette maison. 

Je vais beaucoup plus loin parce que quelquefois je casse les murs, je change la position des pièces, j’ouvre où il n’y a pas d’ouverture vers l’extérieur. C’est encore un autre travail, mais si vous allez juste emménager dans un endroit sans rien vraiment y toucher, commencez déjà à mettre l’essentiel. On va parler d’un salon. Qu’est-ce que c’est l’essentiel ? C’est déjà peut-être des canapés, des chaises, une table basse, ce sera peut-être cela. Donc commencez petit à petit. Vous mettez votre canapé où vous allez le mettre, où c’est le plus logique, où cela ne va pas bloquer le passage, où il est bon. Probablement face à une cheminée ou face à une vue ou quelque chose qui est logique. On n’a pas forcément besoin de mettre un canapé contre un mur. C’est toujours ce besoin de tout mettre quelque part contre les murs. 

Pour moi, j’essaie de créer un îlot, c’est-à-dire un îlot de conversation, quelque part où on se retrouve. Vous savez, c’est un peu comme les gens. Quand vous mettez une foule quelque part, vous verrez que ces gens se rassemblent, ils vont faire un espèce d’îlot, par exemple sur une place, parce qu’il y a une sorte de distance qui est agréable pour pouvoir discuter et échanger avec les gens. Et cela, il faut s’en rappeler. Quand on crée un espace dans notre salon, on veut ne pas être trop loin les uns des autres, trop loin d’une table basse. C’est-à-dire, une fois de plus j’utilise mon corps, c’est-à-dire le mouvement de mettre un verre ou un magazine sur cette table basse. Si on se lève pour aller le mettre sur la table basse, cela ne va pas. Donc, c’est cette compréhension vraiment de pouvoir avoir…

Ronan : Vivre sa maison, c’est vraiment cela ? 

Eric : C’est-à-dire, c’est comme je disais tout à l’heure, il faut avoir l’espace nécessaire pour pouvoir vivre. C’est-à-dire passer derrière le canapé, mettre ce verre sur la table, avoir de l’espace. Et ce n’est pas forcément avoir toujours à tout combler. C’est-à-dire que vous mettez le nécessaire. Mais après, vous voyez si vraiment il y a encore de la place. S’il y a besoin de mettre quelque chose d’autre. Moi, je commence toujours par les choses essentielles. Après, peut-être mettre des tableaux aux murs ou peut-être mettre une commode ou quelque chose qu’on peut rajouter, mais c’est éviter de trop mettre. On a une tendance à vouloir toujours mettre et ajouter. 

Ce qui est aussi extraordinaire dans une maison, c’est qu’une maison doit toujours être en évolution, comme nous d’ailleurs. On est toujours en train d’évoluer, toujours en train de changer. Moi, à travers mes voyages, à travers mes expériences de vie, j’adore trouver et découvrir quelque chose que j’ai envie de ramener, quelque chose qui est précieux, que j’ai envie d’avoir autour de moi. Et c’est important. Ce n’est pas parce que vous allez emménager quelque part que tous les murs doivent être couverts de tableaux ou d’objets. Prenez le temps d’aménager cette maison. Prenez le temps d’amener les choses qui sont importantes. C’est pour cela que je n’aime pas trop les objets de déco courants.

Il faut juste mettre quelque chose sur une table ou quelque part. Il faut mettre quelque chose là, il faut que cet objet soit important. Chez moi, quand je vois tout ce qui est autour de moi – j’utilise voir, parce que je n’ai pas changé de vocabulaire – tout a une importance. Moi, je peux vous parler de chaque chose, de chaque bibelot, de chaque tableau, de chaque objet parce que cela a une importance, parce qu’ils viennent de quelque part, parce que je ne les ai pas choisis, ce n’est pas anodin. C’est là pour me faire du bien, c’est là parce que cela me rappelle quelque chose.

Ronan : Donc, dans votre livre, justement en parlant d’échos, d’inspirations et d’idées, il y a un passage que je trouve super intéressant. Et cela va à l’encontre un peu d’Homelisty puisqu’on est un site d’inspiration, mais je pense qu’effectivement les gens se laissent trop influencer. Vous dites : « Même si vous êtes passionné par la décoration ou en phase d’aménagement, ne lisez pas trop de magazines ou de livres sur le sujet, ils vous influenceront malgré vous et vous inciteront à revenir sur vos projets initiaux ». Et vous continuez, vous dites : « Résistez aux conseils et suivez votre voie, celle qui sera la plus authentique et la plus fidèle à votre personnalité ». Justement, comment ne pas se laisser influencer avec la quantité de contenus qu’il y a sur Pinterest, sur Instagram, sur les sites comme Homelisty, on en est coupable, dans les magazines déco, les amis qui vont donner des conseils, les inspirations qu’on voit à droite à gauche ? Comment on fait vraiment pour se recentrer et se dire : « Ok, c’est cela que je veux, c’est ma voie » ? Parce que c’est compliqué.

Eric : Bien sûr que c’est compliqué, parce que souvent, on n’a plus confiance en nous. C’est vrai qu’on perd notre confiance. On a l’impression qu’on n’a pas forcément de bons goûts ou il faut s’inspirer de quelque chose qui est peut-être à la mode, comme une couleur à la mode, qui est absolument absurde…

Ronan : On en parlera des couleurs.

Eric : Oui tout à fait. Mais pour moi, ce qui est important, c’est de nous retrouver nous avec des choses qui nous ressemblent, qui nous font du bien. C’est-à-dire que si on a un style – c’est vraiment comme la mode aussi – si on a un style qu’on garde, notre style, qu’on n’essaie pas de se travestir en essayant d’être quelque chose d’autre, parce que telle ou telle chose était la mode. 

Moi, je pense honnêtement, bon, c’est vrai qu’on peut complètement voir, regarder des magazines, des choses, c’est certain, c’est la culture générale, mais il ne faut pas essayer de reproduire quelque chose chez nous. C’est un peu quelque part, je vais aller un peu plus loin, c’est comme si on lisait un livre avec une relation d’amour et qu’on va dire : « Ah, je vais vivre ma relation avec mon conjoint de la même manière que dans ce livre ou dans ce feuilleton, dans ce film ». Non, on est tous unique. Il faut garder ce côté unique. Parce que c’est ce qui nous fera du bien. Vous savez, quand on choisit des parfums, c’est quelque chose de très personnel. Je parle de parfum, puisque c’est mon ancien travail. C’est un peu la réaction que cela va avoir sur notre peau. Il faut que cela nous ressemble, il faut vraiment que cela nous fasse du bien, que cette odeur nous parle et d’une manière très profonde. Et c’est la même chose. Notre environnement doit être unique à nous-même, vraiment doit être un miroir, mais pas le miroir de quelqu’un d’autre et sûrement pas le miroir d’une mode ou d’une tendance. 

Ronan : Et sur Homelisty justement, au niveau des couleurs, on voit à quel point la peinture, les coloris fascinent et interrogent nos lecteurs. On a beaucoup de questions sur tous nos articles qui parlent de la peinture de couloir, de la cuisine, etc. Et vous expliquez dans votre livre que les couleurs en fait sont une mode. C’est exactement ce que vous venez de dire. Vous faites une référence à Pantone par exemple. Vous avez déjà partagé en introduction vos conseils pour les choisir en faisant le parallèle avec la médecine chinoise et l’énergie, les vitamines. C’est super intéressant et j’invite tous les auditeurs à essayer. Mais est-ce que vous avez peut-être d’autres conseils pour « bien les choisir » ? Parce que peindre un mur semble simple, mais disons que le choix des couleurs, encore une fois, c’est loin d’être facile pour la plupart d’entre nous. 

Eric : Moi, ce que je conseille toujours, c’est déjà de vivre avec un peu notre espace avant de commencer à choisir les couleurs. Alors ce qui est plus simple, c’est déjà commencer avec du neutre, c’est-à-dire, moi je conseille un blanc, un petit peu blanc cassé, c’est-à-dire un blanc avec une touche de marron dedans. Parce que le blanc, le pur blanc, le blanc neige est très difficile. C’est aveuglant, donc avec une touche de marron, vraiment qu’une touche, c’est beaucoup plus agréable. Et après, de vivre avec, et ce n’est pas d’essayer de mettre d’abord les couleurs à la mode, une fois de plus, c’est absolument ridicule. 

C’est comme si on disait par exemple, en ce moment, le basilic est à la mode, on va tous manger des choses avec le basilic. C’est aussi stupide que cela quelque part. Mais après, c’est réaliser que certaines couleurs nous reposent, d’autres couleurs nous excitent peut-être. D’autres couleurs sont plus appropriées à certaines pièces. On ne va pas forcément utiliser les mêmes couleurs dans une chambre qu’on va utiliser dans un salon ou par exemple dans une salle de bains, surtout les salles de bains, parce que les couleurs vont influencer notre teint. Moi, je dis toujours : dans les salles de bains, utilisez tout ce qui est vert, tout ce qui est bleu… Parce que le vert, le bleu n’est pas flatteur du tout pour votre teint. Pour une salle de bains, il faut être un petit peu plus dans les neutres ou alors si vous voulez quelque chose – malheureusement, ce n’est pas une couleur que moi j’apprécie énormément – mais ce serait plutôt les roses qui vont vous donner le meilleur des teints. Mais après, si vous restez dans les taupes, si vous restez dans les blancs, vous pouvez par contre jouer avec les couleurs avec les serviettes. Il n’y a aucun problème. Vous voulez des couleurs, utilisez les serviettes comme accessoires de couleur, c’est super.

Ronan : C’est une super astuce effectivement qui permet aussi… dans la chambre, parfois on veut tout repeindre, alors que changer les oreillers ou la housse de couette, le linge de maison en fait a ce pouvoir de transformer l’atmosphère à travers les couleurs. C’est tout simple et pourtant on n’y pense pas.

Eric : Tout à fait, moi, je conseille complètement cela. En plus, c’est sympa, parce que c’est facile à changer, d’une saison à l’autre aussi. C’est vrai que l’été on a plus envie de couleurs peut-être plus fraîches que l’hiver. L’hiver on a plus envie de couleurs un peu plus sombres, qui nous donnent ce sentiment de cocon. C’est très facile justement avec les draps, voire même les rideaux. Je trouve que cela peut être très sympa d’avoir un peu des rideaux de saisons. C’est-à-dire, l’été, avoir plus de rideaux en lin, des choses plus légères, et des matériaux plus lourds pour l’hiver. C’est quelque chose de facile à faire. Pareil pour des coussins. Comme je dis à mes clients : quand vous utilisez les couleurs, ne choisissez pas par exemple un sofa d’une couleur que peut-être, à un moment donné, vous en aurez marre. 

Mais pour revenir vraiment à la compréhension des couleurs, les couleurs doivent vraiment être quelque chose qui vous parle et qui vous font du bien. C’est essayer de comprendre cela. Et en plus, les couleurs varient selon l’heure de la journée. Parce que quand je conseille, quand on a déterminé une couleur parce que cette dernière justement nous plaît, c’est de choisir différents échantillons de cette couleur, donc peut-être des variations et de peindre sur votre mur 3 ou 4 couleurs, donc des échantillons, et de les regarder selon l’heure de la journée. Parce que selon l’heure de la journée, la lumière va les faire varier jusqu’au moment donné où vous soyez satisfait. C’est-à-dire le matin, le midi et le soir, et aussi avec des lumières artificielles pour voir un peu comment elles évoluent. Et selon comment elles évoluent, vous choisirez celles qui seraient appropriées. 

Parce que je vois souvent des gens qui regardent des couleurs sur des échantillons. Et quand ils n’ont pas cette couleur sur le mur, ils se disent : « mince, ce n’est pas la couleur de l’échantillon ». Parce que justement, elle va être influencée par son entourage, par les autres couleurs autour et aussi par les lumières du moment de la journée. Une autre chose à quoi je pensais, c’est qu’on n’a pas besoin de peindre tous les murs d’une pièce d’une couleur. Vous pouvez rester dans les neutres et peindre un seul mur, ce qui donne aussi une ambiance. Même chose d’ailleurs pour un papier peint. Vous pouvez utiliser le papier peint comme un tableau quelque part, même mettre une partie du mur en papier peint, vous pouvez faire un espace de cadre autour ou le reste le peindre, ce qui donne quelque chose de très intéressant. Donc il faut savoir le doser, et à petites doses. C’est plus facile d’augmenter que de repeindre par-dessus. 

Ronan : Donc doser comme des vitamines. 

Eric : Tout à fait, c’est cela. On teste et si on doit augmenter le nombre de vitamines, on augmente.

Ronan : C’est un super concept. Et vous partagez également dans votre livre un conseil qui, encore une fois, c’est ce que j’ai vraiment adoré dans votre livre, c’est que toutes les choses que vous expliquez, une fois qu’on les voit, on se dit : « mais en fait, c’est évident ». Mais il fallait découvrir le livre pour les comprendre. Comme par exemple, vous dites : « Si vous choisissez par exemple une couleur dans un moment de fatigue ou de stress, vous aurez de grandes chances de vous tromper ». Oui, c’est évident, mais pourtant, je n’y avais jamais pensé avant. Et c’est tout cela encore une fois le : « Vivre sa maison, vivre à la maison ». Je trouve que ce sont des astuces qu’on ne retrouve pas assez sur les sites justement, sur les sites comme Homelisty et c’est vraiment le contenu que j’aimerais faire ressortir. Donc c’est pour cela que cette conversation, et je suis en train de noter en même temps toutes les idées que vous partagez, je trouve cela vraiment super intéressant.

Eric : Merci, mais c’est vrai que souvent, quand on emménage quelque part, on est stressé, on est fatigué. Là, on a l’impression qu’il faut prendre des décisions, c’est ce que je disais tout à l’heure. On n’a pas besoin de le faire tout de suite. Prenez le temps, faites le plus tard. Peindre un mur, pourquoi ne pas le faire même avec des meubles à l’intérieur, vous avez juste à les protéger et les bouger, mais ne pensez pas que vous avez besoin de tout faire maintenant. Ne pensez pas que vous avez besoin de tout emménager, de prendre des décisions. Surtout, prenez le temps. 

Une nouvelle maison, c’est une rencontre. Vous savez, c’est comme une relation. Quand vous connaissez quelqu’un, petit à petit, vous apprenez à connaître cette personne, à connaître ses goûts, à connaître sa façon de penser, sa façon de vivre. C’est exactement la même chose avec une maison. La maison, vous l’appropriez. Elle vous approprie aussi petit à petit, c’est cette espèce de danse que vous faites avec elle. Et il faut apprendre à danser correctement. Donc, ce n’est pas parce que vous déménagez que tout doit être fini le jour J. C’est vraiment une progression, et comme je disais tout à l’heure, une maison doit évoluer comme vous, vous évoluez dans la vie. Votre maison va évoluer avec vous. 

Ronan : Justement, c’est une transition parfaite vers ma prochaine question qui concerne le stress d’un déménagement ou même d’un projet de déco. La plupart des gens ont peur de se tromper et veulentu n intérieur qui soit à la fois tendance, agréable et abordable. Et finalement, la déco intérieure, c’est quand même un gros projet qui peut être stressant. Et donc justement de prendre le temps de se dire : « Bon, ben, effectivement, tout ne sera pas parfait dès le début, et c’est OK ». Je pense que c’est vraiment un conseil qui va résonner pour nos auditeurs qui sont un peu au pied de la montagne et qui se disent : « Ah mon Dieu, je dois relooker mon salon, enfin, j’ai envie de relooker mon salon, mais je ne sais pas trop comment commencer ». Pour vous donc, c’est vraiment de prendre le temps et d’imaginer les choses au fur et à mesure. C’est votre conseil numéro un pour vos clients ?

Eric : Déjà, moi je pense, parce que c’est déjà comme je disais tout à l’heure, c’est déjà comprendre l’espace. C’est-à-dire, avant même de mettre un meuble dans cet espace, c’est de comprendre en passant un petit peu de temps dedans. Comme je disais : en touchant, en écoutant, en sentant. C’est un peu comme un plat où vous allez petit à petit mettre des épices pour le sublimer et c’est absolument la même chose. Ce plat va être différent d’un autre plat selon justement ce que vous utilisez. Donc on ne peut pas imposer dans un espace ce qu’on aura mis par exemple dans un autre espace. Chaque espace a sa personnalité et c’est à vous de le découvrir. 

Une fois de plus, c’est comme une relation avec quelqu’un. Vous commencez à découvrir la personne petit à petit. Donc mettez les choses qui vous semblent essentielles au début et petit à petit, vous complétez. C’est d’ailleurs très excitant parce que du coup, cela change sans arrêt. Mais après, vous pouvez aussi modifier. Par exemple, si vraiment vous n’avez pas l’argent pour l’instant d’acheter un nouveau canapé, vous mettez celui que vous avez et cela fera l’affaire pour un moment donné, jusqu’au jour où vous trouverez le canapé qui sera parfait pour cette pièce, qui sera plus approprié. Moi, je déconseille carrément d’aller tout de suite acheter tout ce qu’il faut pour un déménagement. Achetez 2 – 3 choses et après continuez à emménager petit à petit de cette manière.

Ronan : D’accord.

Eric : Je me rappelle quand j’ai emménagé à Paris, quand je suis revenu des Etats-Unis et que j’avais loué un appartement meublé, quand j’ai finalement trouvé mon appartement, pour moi, je n’ai acheté que les canapés et je n’avais même pas de table basse. Et après, j’ai trouvé la table basse qui était appropriée. Petit à petit, j’ai acheté un tapis aussi qui allait fonctionner. Et j’ai vraiment pris mon temps, parce que j’avais envie de découvrir cet univers. Et cet univers, j’avais vraiment envie de le sublimer, qu’il me parle et qu’il me ressemble et que je n’avais pas encore trouvé les choses qu’il fallait. Et j’ai pris mon temps. Et les gens quand ils venaient dans cet appartement, ils me disaient tous : « Tout est parfait, tout à l’air d’être fait pour l’espace ». Parce que j’ai pris mon temps pour le faire.

Ronan : Justement, vous l’avez dit en intro et vous l’avez dit lors de notre discussion avant l’appel. « Quand les gens viennent chez moi, ils ont rarement envie de repartir ». En intro, vous disiez la même chose pour les agents immobiliers. Mais justement, pour moi, c’est la consécration ultime en fait, c’est le jackpot. Si on se sent bien chez soi, et qu’en plus on peut offrir à nos invités cette sensation qui est super agréable de « qu’est-ce qu’on est bien chez toi, etc. », c’est vraiment le jackpot. Alors, quel est votre conseil ? C’est dû à quoi à votre avis ? C’est justement ce mélange d’avoir pris le temps d’essayer de comprendre l’espace ou est-ce qu’il y a quelque chose en particulier qui revient chez vos invités qui vous disent : « Je n’ai pas envie de partir ».

Eric : Je pense que cela a affaire avec beaucoup de choses. C’est déjà parce que j’utilise tous mes sens, c’est-à-dire que j’aime que cela sente bon. Je suis sensible aux odeurs, je suis sensible au toucher. Quand je choisis des matériaux, je ne les choisis pas parce que c’est joli, je les choisis parce que quand par exemple je reviens à un canapé, quand je m’assois sur un canapé, j’ai envie que le tissu sur lequel je suis soit agréable au toucher. Par exemple, si je suis en short, eh bien que cela ne soit pas quelque chose de collant ou qui gratte ou quoi que ce soit. Quand je choisis une chaise pour une table de salle à manger où je vais recevoir des amis, bien sûr que je veux qu’elle ait un côté esthétique, mais je veux surtout qu’il y ait un côté confortable. Une chaise est faite pour une chose, c’est d’être assis dessus. Ce n’est pas un objet de sculpture. 

Aujourd’hui, c’est vrai qu’on voit des chaises qui sont très sympas, mais après être assis dessus une demi-heure, on a mal aux fesses. Ce n’est pas le but. Je veux que quand je mets mes mains ou mes bras sur un plateau d’une table de salle à manger, que cela soit agréable, pas que cela soit froid ou que cela soit collant ou que je vois l’empreinte de mes bras. Il y a toutes ces différentes choses qui comptent. Donc quand on va choisir des choses, ne pensez pas forcément aux côtés visuels. Pensez aux côtés sensoriels. Est-ce que 1 – cela va être agréable au toucher, 2 – est-ce qu’il y a une odeur ? 

Je sais que j’ai travaillé pour des grandes marques qui avaient des problèmes avec certains des meubles, parce que justement à cause des colles, à cause des produits chimiques pour teindre les tissus et tout cela, ces meubles avaient une certaine odeur qui ne sortait pas et les gens les ramenaient parce qu’ils disaient : « Non, je ne peux pas ». Donc même si le look était bon, même si cela avait quelque chose de joli, il y avait ce côté toxique, donc olfactif. C’est très important. Pensez à tous ces différents aspects. Le toucher, l’odeur, les sons aussi. Quand on constitue une pièce, si par exemple on a un appartement haussmannien avec des plafonds très hauts, il va y avoir un écho qui va être désagréable. Donc comment on va pouvoir casser ces échos ? Avec des tentures, avec des tapis, avec peut-être des meubles qui sont en tissu plutôt qu’en matériau dur. 

Donc peut-être des tables en verre ou en marbre, voilà, du métal, aller plus vers quelque chose comme du bois et des choses qui absorbent. Il faut écouter, sentir, toucher. C’est pour cela que dans mon livre, j’explique que quand vous entrez dans un espace, fermez les yeux et commencez à comprendre tous vos autres sens. C’est vraiment comme un plat quelque part. Chaque épice amène à un goût, doit sublimer ce qu’on est en train de faire. Là, c’est vraiment que tous nos sens sont très importants dans notre intérieur.

Ronan : Ok, super intéressant. On parlait du confinement très rapidement en introduction. On constate clairement que cela pousse les gens à repenser leur maison, leur environnement et même leur mode de vie. Est-ce que vous pensez qu’on va assister à des changements radicaux ou fondamentalement, vous pensez que les choses dans le domaine du vivre à la maison vont plus ou moins rester les mêmes ? Est-ce que vous constatez déjà peut-être des changements chez vos clients, chez vos partenaires, dans le monde de la déco et de l’aménagement ?

Eric : Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ont été obligés de faire du télétravail. Et d’ailleurs, il y a un chapitre dans mon livre sur : « Avoir un bureau chez nous ». C’est aussi comprendre que notre travail doit être séparé de notre vie personnelle. Même si on est seul, par exemple, avoir un bureau dans sa chambre, non, je déconseille cela fortement. On ne peut pas s’endormir en voyant notre bureau, en étant dans la même pièce que notre travail. Naturellement, vous allez me dire : « Et si je suis dans un studio ? ». Très bien, mais essayez peut-être de mettre quelque chose pour le séparer. 

Par exemple, je sais que moi, j’ai quelques fois trouvé une solution dans un placard ou c’est un bureau qu’on met dans un placard qui puisse s’ouvrir. Quand on travaille, on ouvre ce placard. Le bureau est à l’intérieur. Et quand on a fini sa journée, on ferme ce placard. Ou alors peut-être mettre un paravent ou une façon de pouvoir justement séparer ce côté travail du côté plaisir, du côté familial. Par exemple, ne pas utiliser sa table de salle à manger comme bureau. C’est un grand non. Parce que d’abord, vous ne l’utiliserez plus, parce qu’il y aura des papiers dessus, donc vous allez mal manger. Vous allez manger soit sur le comptoir de la cuisine ou sur la table basse, quelque part où vous n’aurez plus cet échange qui est important. L’échange qu’on a lors d’un déjeuner, d’un dîner, c’est vraiment quelque chose de très important surtout dans notre civilisation, en tant que Français. L’échange autour de plats de cuisine est extrêmement important dans notre civilisation, dans notre communauté. C’est quelque chose qu’il faut respecter, il faut le continuer. 

Évitez carrément la table de salle à manger pour votre bureau. Trouvez un petit espace quelque part. Après, si vous avez une pièce que vous pouvez utiliser, c’est génial même si cela peut doubler en chambre d’ami, je l’explique aussi : la position du bureau dans une pièce par rapport à la lumière. C’est aussi les couleurs que vous allez utiliser dans un bureau qui doivent être stimulantes. C’est aussi la lumière. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir une technologie ou une lumière peut s’adapter à la lumière du jour. C’est-à-dire le matin, la lumière sera plus froide. Elle va évoluer sur une lumière plus chaude selon l’heure de la journée, ce qui pour les yeux et pour notre énergie et pour notre bien-être va être vraiment génial, parce qu’on s’adapte à la lumière de l’extérieur même si on travaille à l’intérieur. Notre esprit, notre énergie, nos émotions évoluent comme si on était à l’extérieur. C’est des techniques qui sont faciles à utiliser et qui vont vraiment me faire du bien.

Ronan : Et quel est le conseil que vous donnez aux personnes qui souhaitent faire appel à un architecte d’intérieur ? Comment « bien le choisir » ? On sait que c’est parfois intimidant. On pense que c’est coûteux. On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, comment va se passer la collaboration. D’expérience, j’ai récemment emménagé dans une nouvelle maison, j’ai interrogé beaucoup de professionnels pour l’aménagement et la rénovation de l’espace et pas un seul ne m’a demandé les matières que je préfère, les styles… Est-ce que je suis très mal tombé ou est-ce que c’est plutôt pratique courante ? Quels sont vos conseils pour les personnes qui hésitent : « Ah quand même, j’aurais bien aimé avoir un petit coup de pouce, mais je ne vais quand même pas faire appel à un architecte d’intérieur » ?

Eric : C’est marrant, cela me fait rire ce que vous me dites, parce que c’est comme si vous alliez dans un restaurant et que le chef vient vous voir. Déjà, moi je pense que le chef va vous demander : « Est-ce que vous aimez le poisson ? Vous aimez la viande ? Vous aimez telle ou telle chose… ? Je pense que c’est déjà primordial. Donc moi naturellement, quand je travaille avec un client – je ne peux pas parler des autres parce que je ne vais pas critiquer mes collègues – mais pour moi quand je travaille avec un client, il faut que je sois dans leur tête. Il faut que je rentre dans leurs habitudes. Il faut que je les comprenne. Il faut vraiment que quelque part je m’oublie moi-même et je rentre dans leur mode de vie. Donc c’est quelque chose de très intime. 

Moi, j’appelle cela un peu de la psychologie, c’est être un peu un psychologue que d’être un architecte d’intérieur, parce que j’ai envie de comprendre votre mode de vie, j’ai envie de comprendre ce que vous aimez, ce que vous n’aimez pas, que cela soit les couleurs, que cela soit les matériaux, que cela soit comment vous allez vivre, recevoir. Est-ce que telle ou telle pièce est plus importante pour vous qu’une autre ? Pour moi, c’est quelque chose de vraiment extrêmement intime. Donc quand on choisit quelqu’un pour travailler avec nous, quelque part, c’est vraiment choisir quelqu’un avec qui on va avoir confiance, quelqu’un dont on a l’impression qu’il nous comprenne, qu’il est là pour nous accompagner. C’est ce que je fais, je n’impose rien à qui que ce soit. Je donne à mes clients des solutions, je leur offre différents choix, des choses qu’ils ne connaissent pas, mais je ne suis jamais là pour leur imposer quoi que ce soit. Moi, j’ai eu des clients qui sont venus me voir, qui ont travaillé avec des gens très connus et qui me disent : « C’est très beau chez moi, mais j’ai l’impression d’être dans un showroom. Je n’ai pas l’impression d’être chez moi ».

Ronan : Donc, les architectes ont parfois tendance à se faire un peu leur catalogue…

Eric : Tout à fait !

Ronan : Je pense que c’est mon expérience. Effectivement, cela vous a fait sourire. Je pense que c’est l’expérience de beaucoup de personnes. Je pense que c’est comme construire sa maison. Il faut construire la relation qu’on a avec son architecte d’intérieur et vraiment sentir au fil des conversations : « Tiens, oui, effectivement cette personne comprend ce que je recherche, comprend mon mode de vie, me pose les bonnes questions ». Et puis à partir de là, c’est de la confiance.

Eric : Bien sûr ! Moi, il y a une autre chose qui est très importante quand je travaille avec mes clients. C’est aussi de leur expliquer ce qui est important dans une maison. C’est-à-dire peut-être dépenser plus d’argent sur cela, mais d’autre chose qu’on peut faire plus tard si on n’a pas le budget, on va attendre pour certaines choses pour ne pas qu’ils aient à faire deux fois la même chose.

Ronan : D’accord ! 

Eric : Et je pense aussi toujours, même si les gens me disent : « De toute manière, cela va être la maison, je vais y vivre jusqu’à la fin de mes jours ». On ne sait jamais ce qui va se passer. Donc quand je travaille aussi avec des clients, je pense toujours à un jour s’ils ont besoin de revendre cette maison et de faire la maison d’une manière qui va être attractive le jour où ils doivent la revendre. Donc, leur donner les conseils de comment justement ne pas faire les erreurs, qu’ils vont peut-être vendre cette maison trop spécifique qu’elle ne pourra jamais se revendre. Ce sont toutes ces choses-là. Après, ce sont mes clients qui vont prendre les décisions. C’est certain ! Ce n’est pas moi.

Ronan : Vous avez un exemple ? Par exemple justement pour la revente, les « erreurs » qu’on peut faire, qui peuvent freiner nos reventes éventuelles ?

Eric : Là, par exemple, je travaille avec un client qui a une maison, on construit une maison. C’est un artiste. Il y a une très belle vue et il y a un étage où il n’y a qu’une pièce et il va en faire son atelier. Il y a une grande terrasse, c’est une très belle pièce. Je lui conseille, je lui dis : « Si quelqu’un va racheter cette maison demain, il en fera la chambre, la chambre maître ». Donc, je lui ai conseillé de faire maintenant toutes les canalisations pour pouvoir faire une salle de bains dans cet espace. Du coup, on a prévu toutes les canalisations dans les murs et partout. Le jour où ils revendent cette maison, toutes les canalisations sont en place pour pouvoir rajouter une salle de bains pour cette pièce. C’est quelque chose de simple. Quand on construit la maison, c’est très facile à faire. 

Par contre, si le jour où ils vendent cette maison et que les gens se disent : « C’est dommage ! Moi, j’aurais acheté, mais cela aurait été vraiment la pièce où j’aurais eu à faire ma chambre » et qu’il faut faire d’énormes travaux pour ramener toute la canalisation, cela va freiner les gens. Alors que là, c’est déjà tout en place. Donc ce sera un énorme atout.

Ronan : A travers vos services, vous ne vendez pas que le visuel encore une fois, vous vendez les solutions et également effectivement, vous insistez dans votre livre sur cet aspect de revente et je trouve que cette vision de se dire « On est là sur le long terme, mais tout peut se passer dans une vie », c’est un accompagnement qui est vraiment chouette, je trouve. 

Eric : Bien sûr, vous savez, malheureusement, mon cas d’avoir perdu ma vue, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il peut y avoir un changement de vie comme tel ou un divorce, des choses comme cela. Je sais que la vie ne nous réserve pas forcément des moments très faciles, mais il faut les anticiper. Si on peut les anticiper quand on fait nos travaux, et en plus c’est quelque chose de très facile à faire quand on fait nos travaux, après, on sera très heureux le jour où malheureusement on a ces problèmes, qu’on doit se séparer d’une maison pour pouvoir la vendre pour le meilleur prix et sans avoir justement ce regret de ne pas l’avoir fait au moment où on faisait la construction. 

Donc moi, je suis vraiment présent pour accompagner mes clients, pour les conseiller, pour voir au-delà de ce qu’ils ne voient pas, puisque c’est mon travail. Et souvent, c’est marrant, souvent les gens me disent : « Mais Eric, ce qui est extraordinaire avec lui, c’est qu’il voit déjà ce qui peut être là ». C’est-à-dire que souvent les gens sont bloqués par ce qu’ils voient. Moi, étant justement non-voyant, je suis déjà dans la solution, je suis déjà dans ce qui peut être fait plutôt que ce qui est devant nous.

Ronan : La question débat, je pense déjà connaître votre réponse, mais je vais quand même la poser. Y a-t-il des règles à suivre en déco ou est-ce qu’on peut faire vraiment ce qui nous plaît, selon vous ?

Eric : Bien sûr qu’il y a certaines règles. C’est certain qu’il y a des choses qui sont techniquement possibles, techniquement impossibles. C’est dingue, parce que moi-même souvent, j’ai envie de pousser toujours plus loin, de pouvoir faire des choses inattendues. Mais c’est certain qu’il y a des choses qu’on est obligé de respecter, surtout aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, on essaie quand même de faire des maisons où on va essayer d’économiser de l’énergie, on va essayer d’utiliser des matériaux verts. On va faire un maximum pour justement chauffer avec des manières de chauffage qui sont d’utiliser le pétrole, l’électricité. 

Aujourd’hui, on peut faire des maisons extrêmement bien isolées où on n’a pratiquement pas besoin de les chauffer. Il y a des choses que je respecte énormément de ce côté-là, et que je conseille à mes clients. Après, je pense que ce qui est très important, c’est vraiment de comprendre le mode de vie de mes clients, de comprendre comment ils vont aussi évoluer, parce que ce n’est pas forcément qui ils sont sur le moment, mais peut-être comment ils ont envie d’évoluer. C’est-à-dire, on a tous vécu, on a eu des parents, on est parti de la maison. Après, comment les parents vont évoluer dans cette maison ? Parce que la maison n’est plus une maison parentale, elle redevient une maison de couple. Mais il faut aussi anticiper. Justement, moi, je suis en train de vivre cela avec mes parents. Quand on devient plus âgé, une maison avec des étages, c’est plus compliqué. Il faut penser à toutes ces choses-là. Il faut surtout que cette maison nous ressemble, que cette maison nous fasse du bien, soit un cocon.

Moi, j’avais un client qui me disait qu’il revenait dans sa maison de campagne. Pour lui, c’était vraiment une bouffée d’air, c’est-à-dire que toute sa semaine pouvait être très difficile, il savait qu’il allait retrouver cette maison le week-end. C’était son havre de paix, c’était là où il allait se réénergiser, se retrouver et pouvoir une fois de plus repartir la semaine suivante et affronter des problèmes. C’était vraiment l’endroit qui lui faisait du bien.

Moi, c’est ce que j’essaie de faire avec mes clients, c’est vraiment travailler comme un psychologue, c’est leur faire découvrir tous les matériaux, toutes les odeurs, tout le toucher, tout l’espace, le fonctionnement, ramener l’intérieur, faire cette union entre l’intérieur et l’extérieur, d’utiliser la nature, d’utiliser – si on est en ville – des balcons. Si on n’a même pas de balcon, c’est peut-être faire quelque chose, de créer dans l’intérieur idée d’espace de bien-être. Ce sont tous ces aspects. C’est vraiment travailler sur tous les sens. C’est oublier le visuel, c’est ce qu’on utilise le plus et de rentrer dans le sensoriel.

Ronan : Quand on lit votre livre – du moins, c’est ma sensation quand j’ai parcouru les différentes pages, les différents chapitres – on se rend compte qu’en fait, il n’y a pas une pièce plus importante que l’autre dans la maison puisque chaque pièce a sa fonction. Dans votre livre, vous décrivez pièce par pièce vos astuces, vos conseils, vos recommandations. Avec votre expérience en tant qu’architecte d’intérieur et vos clients, quelle est la pièce qui mériterait selon vous plus d’attention ? Celle qui est le plus souvent délaissée finalement et qui avec quelques petits changements, quelques petits trucs par-ci par-là fait qu’on peut vraiment la transformer.

Eric : Naturellement, vous savez ce qui est difficile, c’est que je ne veux pas que vos auditeurs pensent que tout le monde doit avoir une maison avec beaucoup d’espace. C’est aussi pouvoir séparer nos espaces. Par exemple, si on n’a qu’une grande pièce, qu’un grand studio, quelque chose comme cela, c’est aussi savoir définir les espaces dans ce grand espace ou ce petit espace. C’est-à-dire de créer des ambiances différentes dedans. Et c’est vrai que je pense que la chose la plus importante, c’est la première et la dernière pièce dans laquelle on est, c’est-à-dire notre entrée, parce que quand on arrive de l’extérieur, cette pièce est vraiment là où on est. On est chez nous, c’est là où on se déshabille, je veux dire où on enlève les masques que l’on se prépare pour l’extérieur. 

Aujourd’hui, c’est encore plus approprié que jamais l’idée du masque. C’est là où on doit retrouver tous nos sens, c’est-à-dire l’odeur, que ce soit le toucher, que ce soit la lumière, que ce soit la couleur, que ce soit les objets qui nous font du bien. Cette pièce-là est pour moi une pièce clé, parce que c’est aussi la dernière pièce qui va nous faire du bien avant d’affronter l’extérieur. C’est là où on va se préparer, on va mettre les manteaux, le masque et toutes ces choses-là. C’est ce sas entre notre cocon et l’extérieur.

Ronan : Vous donnez quelques conseils dans votre livre, mais je laisse les auditeurs se le procurer, parce que ce sont des petites choses qui m’ont donné des astuces pour repenser mon entrée. Je bloquais complètement et finalement, je me suis dit : « Évidemment, je vais faire cela ». C’est vraiment super intéressant la question de comment décorer et aménager son entrée. Pour finir, j’ai une question d’une auditrice. Je vais vous la poser directement. Martine demande : « Après le confinement, comment à travers nos 5 sens faire entrer la nature chez soi quand on n’a pas d’extérieur pour mieux supporter d’éventuels enfermements dans le futur ? ».

Eric : Vous savez la nature, c’est très simple. La nature, c’est nous ! On fait partie de la nature également. On se sent souvent supérieur, mais on fait partie de la nature. Après, c’est peut-être se créer une petite histoire, se créer quelque chose de très simple. Cela n’a pas besoin d’être beaucoup de grosses plantes, cela peut être des petites plantes miniatures, cela peut être un petit jardin potager qu’on met le long de la fenêtre avec quelques petits pots, c’est peut-être juste cette attention qu’on va remettre quelque part. C’est vrai, la nature est fragile et en même temps elle nous domine. Ce sera toujours la nature qui va gagner sur nous. On le voit aujourd’hui avec le temps, avec le changement de climat, avec les orages, avec la grêle, avec les inondations, avec tout cela. La nature sera toujours plus forte que nous. Donc, c’est avoir ce respect. 

Mais moi, ce que j’aime, c’est peut-être créer justement ce petit espace nature qu’on peut avoir dont on prend soin comme on va prendre soin d’un bébé. C’est-à-dire que cela peut être une fois de plus un petit jardin potager qu’on va mettre dans notre cuisine au bord de la fenêtre. Cela peut être des bonzaïs, cela peut être un bonzaï qu’on va respecter, qu’on va mettre sur notre table basse dans notre salon. Cela peut être des orchidées qu’on va entretenir dans un petit coin. Cela peut être dans notre salle de bains, cela peut être dans notre chambre. 

C’est juste créer cet endroit spécial qui représente la nature, qui représente cet espèce d’écosystème dont on a besoin de faire attention, qui nous rappelle cette fragilité mais en même temps ce bien-être dont on a tous besoin. Oui, si vous avez l’espace d’avoir beaucoup plus de plantes, très bien ! Mais quelques fois, c’est juste quelques petites plantes comme je disais, comme un bonzaï, comme un petit coin de jardin potager. Je veux dire un jardin potager comme de la menthe, du basilic, quelques épices, quelque chose comme cela dont on va prendre soin. Et en réalisant qu’en prenant soin de cette petite nature, elle prend soin de nous également.

Ronan : Merci beaucoup Eric d’avoir participé à ce podcast. Je pense que votre expérience et vos conseils peuvent vraiment aider les gens à repenser la façon dont ils vivent à la maison.

Eric : Merci beaucoup ! Une fois de plus, je recommande vraiment de lire mon livre et surtout aux gens à se trouver eux-mêmes et à savoir ce qui marche pour eux et ce qui leur font du bien.

Ronan : Justement, on mettra un lien dans les notes du podcast vers votre livre « Reconstruire sa maison intérieure ». Vous offrez plein de conseils, c’est très pratico-pratique et en même temps, il y a un peu de développement personnel. On rentre également dans votre histoire, dans votre parcours qui est vraiment fascinant, ce changement de vie, ce challenge que vous avez eu. 

C’est un livre qui se lit très facilement, qui est très agréable à lire, à la croisée du développement personnel de l’aménagement. Je le recommande vraiment à tout le monde. Vous partagez également des astuces sur l’organisation, comme vous l’avez dit, il faut vivre sa cuisine, répliquer les gestes du quotidien par exemple pour savoir où placer les éléments. Ce n’est pas que la déco c’est également vivre sa maison ! Je le recommande vraiment à tout le monde. C’était une super découverte. Je vous laisse le mot de la fin, si vous avez quelque chose à ajouter.

Eric : Moi, j’ai toujours un conseil, c’est de fermer les yeux pour mieux voir. Je conseille de vraiment fermer les yeux plus souvent et vous verrez beaucoup mieux votre environnement et vous ressentirez les choses d’une manière beaucoup plus profonde.

Ronan : Super ! Et je mettrai également dans les notes du podcast une super vidéo de vous qui était parue il y a quelques années, je pense sur le média Brut, qui explique la technique que vous présentiez au tout début du podcast avec la dimension en utilisant votre corps et vos bras. Donc si vous avez d’autres liens à ajouter dans le podcast ou si vous avez peut-être une actu, des conférences auxquelles vous allez participer, n’hésitez pas.

Eric : Moi, je conseille vraiment aux gens de taper mon nom sur Google. Il y a beaucoup de conférences, que cela soit TED ou Brut. C’est vrai que moi, je conseille vraiment aux gens d’utiliser leur corps dans leur environnement et que là, ils vont comprendre, parce qu’en fin de compte tout notre intérieur est basé sur notre relation entre l’espace et nous-mêmes. En plus, c’est extraordinaire parce qu’en sachant notre hauteur, on retrouve toujours en ouvrant nos bras cette dimension. Du coup, vous avez un mètre sur vous, que vous soyez n’importe où, vous avez toujours ce mètre qui est votre corps sur vous-même, donc c’est très sympa et très facile à utiliser.

Ronan : Super ! Merci encore Eric. Je vous souhaite une très bonne journée.

Eric : Merci bien ! Au revoir !

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Ronan

Par Ronan

Depuis le lancement d'Homelisty en 2015, ma mission reste la même : partager des conseils, des idées et de l'inspiration applicable pour vivre mieux à la maison.

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